Le 29 janvier 2017, le Centre culturel islamique de Québec est pris pour cible. Un acte de terreur, après la prière du soir, qui coûte la vie à six personnes. Cinq ans plus tard est instaurée la Journée nationale de lutte contre l’islamophobie, pour combattre toutes les formes de haine et de racisme.

« En ce jour, nous rendons hommage aux victimes de cet acte de terrorisme motivé par la haine, qui ont été tuées de manière insensée dans un accès d’intolérance, d’islamophobie et de racisme. Le gouvernement condamne l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination qui existent dans notre société, et c’est pourquoi la lutte contre l’islamophobie fait partie intégrante de la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme » a déclaré Justin Trudeau dans une déclaration écrite.

Dans la communauté musulmane, la douleur est encore vive. Cinq années après cet acte terroriste, Ottawa instaure la première journée nationale de lutte contre l’islamophobie. Un représentant spécial chargé de la lutte contre l’islamophobie sera désigné. Mais pour de nombreux citoyens musulmans, le gouvernement a encore beaucoup à faire, pour changer les circonstances ayant permis à cet individu, de perpétrer une telle tuerie.

En réalité, pour les survivants de l’attaque, l’acquisition « facile » des armes à feu, doit donner matière à réfléchir. En effet, l’individu s’est procuré légalement un Glock, avant de commettre l’attentat. Des efforts doivent encore être poursuivis, pour éradiquer la haine et le racisme. Justin Trudeau concède que le contrôle des armes à feu doit être renforcé, et qu’il reste du travail à faire.

L’islamophobie : une tendance « démocratique » ?

L’islamophobie est un fléau qui touche les sociétés occidentales. De part et d’autre de l’Atlantique, les politiques adoptent des positions différentes. Au Canada, la classe politique s’érige en rempart contre toutes les formes de racisme et de discrimination. Alors que chez le lointain voisin français, l’État participe activement à l’institutionnalisation de l’islamophobie.

L’islam est devenu la cible des attaques diverses et variées, sous couvert de la liberté d’expression dans les pays identifiés comme des démocraties. La stigmatisation des musulmans, et l’installation d’un sentiment de haine, nourrit cette folie généralisée. Dans les États cultivant la diversité, elle est de plus en plus présente, au grand dam des libertés et droits fondamentaux.

L’universalisme de l’islamophobie questionne énormément dans la mesure où les pays agissent, librement, en contradiction avec les standards internationaux, dans cette mise au ban de la société. La tendance majoritairement observée, est que plus un État est bâti sur des principes inaliénables universels, comme les droits et les libertés, plus la tendance est à la dérive. C’est le cas en France, pays des droits de l’Homme, où la laïcité est brandie, pour exclure la communauté musulmane de l’espace public