Le Council on American Islamic Relations demande au département d’Etat américain que la France soit inscrite sur la liste des pays violant la liberté religieuse.

Le Council on American Islamic Relations (CAIR), la plus grande organisation de défense des droits civiques et de défense des musulmans aux Etats-Unis, s’inquiète de la situation des musulmans en France. Le CAIR a demandé au Département d’Etat américain de placer la France sur la liste des CPC. Les CPC sont les Pays particulièrement préoccupants, qui s’adonnent à des « violations particulièrement graves de la liberté de religion ». Le Myanmar, la Chine, la Corée du Nord, l’Arabie saoudite ou encore le Turkmenistan font partie, en 2021, de cette liste.

Le CAIR déplore « la répression de la France contre la communauté musulmane ». Le gouvernement français « se livre ou tolère des violations particulièrement graves de la liberté religieuse », affirme le Conseil qui s’appuie sur les derniers événements pour étayer son argumentaire. « Au cours du week-end, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a ordonné le limogeage d’un imam pour avoir cité un verset du Coran et un hadith », s’étonne le CAIR qui rappelle que le ministre de l’Intérieur a « demandé que des mesures soient prises pour s’assurer que le permis de séjour de l’imam ne soit pas renouvelé ».

Le CAIR continue son communiqué en affirmant que « les actions de Darmanin coïncident avec l’adoption par le Parlement français d’un projet de loi anti-séparatisme » qui est, selon l’association, « un projet de loi anti-musulman motivé par le sentiment islamophobe et rédigé dans l’intention de limiter la liberté religieuse des musulmans français ».

La France et ses lois liberticides

Pour le CAIR, le placement de la France sur la liste des CPC est donc légitime, notamment « pour sa répression incessante des libertés religieuses des musulmans français, de leurs chefs spirituels, des lieux de culte, des écoles privées et des organisations de la société civile ». Concernant Darmanin, les dirigeants du CAIR sont extrêmement durs : « Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin est l’un des pires délinquants islamophobes du gouvernement français, utilisant sa position de pouvoir d’Etat pour réprimer les libertés religieuses des musulmans français ». Il rappelle que « le gouvernement français n’a pas à choisir quels versets de la Torah, de la Bible ou du Coran sont conformes à leurs ‘valeurs républicaines’ ».

Une attaque en règle qui n’omet pas de préciser qu’aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde, « les cas de crimes haineux antimusulmans et de politiques étatiques discriminatoires continuent d’augmenter ». Le CAIR a demandé, à ce propos, au président Biden de nommer un envoyé spécial pour ¶ surveiller et combattre l’islamophobie mondiale ». 23 membres du Congrès, tous démocrates, se seraient positionnés pour obtenir ce poste.

La demande du CAIR concernant la France arrive deux semaines après une condamnation par l’association d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CEJ) qui autorise les entreprises à interdire les hijabs. Le CAIR « a exprimé la solidarité des musulmans américains avec la communauté musulmane européenne ». Mais la France attire particulièrement l’attention de l’association : « Au cours de ces 20 dernières années, la France a mis en place de nombreuses lois visant à limiter et punir le libre exercice de la religion, notamment chez les musulmans. La France a interdit aux étudiants, aux enseignants et aux fonctionnaires de porter des signes visibles de leur foi, y compris le hijab, à l’école ou au travail », s’étonne le CAIR.