En listant les mosquées jugées radicales, le gouvernement autrichien a attisé la haine contre les musulmans.

La décision du gouvernement autrichien de publier une « carte nationale de l’islam », qui liste les associations musulmanes et leurs liens avec l’étranger, a provoqué une série d’actes anti-musulmans. Le gouvernement avait dressé des panneaux publicitaires dans tout le pays pour lister les mosquées qui représenteraient une menace.

« Des attaques contre les musulmans ont augmenté après cet incident. Des affiches affreuses ont été accrochées sur nos mosquées », s’est ému Ümit Vural, président de la Communauté religieuse islamique d’Autriche (IGGO).

Depuis, le gouvernement autrichien est revenu sur sa décision. Mais trop tard. « Nous avions dit que ce site Web devait être mis hors ligne dès que possible, qu’il pourrait être dangereux », a continué le leader religieux, dans une interview à l’agence Anadolu.

En tout, ce sont 600 mosquées et associations qui ont été listées par les autorités locales. Certains panneaux installés par le gouvernement demandaient au public de « faire attention ! L’islam politique à proximité ». Certains groupuscules ont donc pris ces lieux de culte pour cibles.

Un amalgame dangereux, donc. « Tous les musulmans sont dangereux », voilà le message véhiculé par cette carte qui vise nommément plusieurs mosquées. D’autant que certaines approximations ont été remarquées et, malgré les demandes, le gouvernement a toujours refusé de revoir sa copie.

« Nous voyons très clairement que les musulmans sont traités différemment. Si nous sommes une religion officiellement reconnue ici, nous voulons le même traitement que les 15 autres communautés religieuses. Nous ne voulons pas de traitement différent ou spécial », a déclaré Ümit Vural.

Et alors que le gouvernement a toujours assuré que l’université de Vienne avait travaillé sur cette carte, il semblerait que cela n’ait jamais été le cas.

Pour le pouvoir, « il ne s’agit en aucun cas d’une suspicion générale envers les musulmans. Il s’agit de la lutte commune contre l’islam politique en tant que terreau fertile pour l’extrémisme », selon la ministre de l’Intégration Susanne Raab. Mais « la publication de tous les noms, fonctions et adresses d’institutions musulmanes et d’institutions qui ont été lues comme musulmanes représente un franchissement de frontières sans précédent », estime une organisation musulmane, qui ajoute que le nombre d’actes islamophobes a bondi depuis.