Ces images, diffusées dimanche et partagées des dizaine de milliers de fois, montrent des hommes en civil, soupçonnés de faire partie des forces armées birmanes, donnant des coups de pied et de poing à cinq prisonniers, menottés, les yeux bandés, sur un navire de la marine dans l’État Rakhine, une région en proie à des conflits ethniques et religieux.

Des membres des forces de sécurité ont interrogé les prisonniers d’une manière « non conforme à la loi » et seront sanctionnés, a indiqué l’armée dans un communiqué, sans donner plus de précisions.

D’après elle, les cinq détenus appartiennent à l’Armée d’Arakan (AA), une faction séparatiste qui lutte en faveur de plus d’autonomie pour la population bouddhiste de la région.

Sollicités par l’AFP, des proches ont toutefois démenti leur appartenance à l’AA.  « Il travaille dans un petit commerce qui vend du riz. Il ne sait rien de l’AA », a assuré Ni Ni, mère d’un des prisonniers violentés.

Depuis janvier 2019, des dizaines de civils ont été tués, des centaines blessés et des dizaines de milliers déplacés dans l’ouest du pays lors de combats entre l’AA et les forces armées birmanes.

Fin avril,  la rapporteure spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme, Yanghee Lee, a demandé l’ouverture d’une enquête sur les exactions commises par les deux parties, évoquant de possibles « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

Elle a notamment accusé les militaires birmans d’avoir tué et torturé des dizaines de personnes pour leur appartenance présumée à l’AA.

« L’impunité » des militaires birmans doit être au centre des discussions du Conseil de sécurité des Nations Unies qui doit se tenir cette semaine sur la Birmanie, a plaidé le directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, Phil Robertson.

La Birmanie est déjà accusée d’avoir organisé des exactions à l’encontre de la minorité musulmane rohingya. Quelque 740.000 membres de cette communauté ont fui au Bangladesh voisin en 2017. Dans ce dossier, le pays est poursuivi pour « génocide » devant la Cour internationale de justice.