Le ministre de l'Intérieur parle du halal dans les cantines. Pour lui, avancer la laïcité pour l'interdire est une fausse excuse.

« On peut être républicain sans être énervé ! » Avec cette allusion à peine voilée contre Nicolas Sarkozy, Bernard Cazeneuve a décidé de prendre ses distances avec le parti de droite sur la question du halal dans les cantines.

Le ministre de l’Intérieur, chargé des cultes, s’est exprimé devant une trentaine de lecteurs et d’auditeurs de médias de la Oumma. L’occasion, a-t-il dit, d’avoir « un moment d’échange sincère » sur un sujet qui agite la classe politique, à une semaine du lancement de l’« Instance de dialogue » avec l’Islam. Bernard Cazeneuve a affirmé que l’Islam se trouvait actuellement dans un « contexte d’interrogations », avant de répondre – non sans détonner avec les discours actuels – aux questions.

La laïcité en France ne doit pas être une arme contre les religions

Le ministre de l’Intérieur a notamment évoqué la question de la place du halal dans les cantines. Pour lui, « la laïcité n’empêche pas les repas de substitution. Aller expliquer cet interdit par la laïcité, c’est instrumentaliser une notion contre les seuls musulmans de France. » Bernard Cazeneuve a tenu à parler de notion « inclusive » de la laïcité. « Cette laïcité, a ajouté le socialiste, n’est pas une arme qu’on tourne contre les religions, c’est un outil, un trésor pour que la République soit inclusive de tous ses enfants. » Et d’appeler à rester « très solide sur les bases de la laïcité. »

Un discours presque étonnant dans une ambiance politique délétère envers l’Islam. Mais pour Bernard Cazeneuve, les menus de substitution dans les cantines ne semblent pas être aussi problématiques que peut le penser le nouveau parti des Républicains, qui estime que la religion doit « rester à la maison. » Selon le ministre, il ne faut pas abaisser les valeurs de la République en fustigeant le halal à l’école, « sinon ce n’est pas la République, c’est une entreprise de contrefaçon », dit-il.

Bernard Cazeneuve prêche une laïcité «inclusive» (ici)

Pierre Z. Lajarge

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