La Suisse et les Pays-Bas avaient plus tôt cette semaine suspendu leurs contributions à l’Unrwa dans l’attente d’éclaircissements sur des accusations contre des dirigeants de cette agence qui aide 5,4 millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens.

Le rapport, émanant du département éthique de l’Unrwa, dénonce les abus de pouvoir d’un petit groupe de hauts responsables, pour la plupart des expatriés, qui auraient contourné les mécanismes de contrôle de l’ONU.

Le document, dont l’AFP s’est procuré une copie, vise notamment le secrétaire général Pierre Krähenbühl et son assistante Sandra Mitchell, soupçonnée d’avoir fait recruter son mari à un poste bien rémunéré en contournant des mécanismes de régulation.

Mme Mitchell a annoncé son départ la semaine dernière pour des « motifs personnels », quelques jours avant la fuite de cette note interne dans les médias. Son successeur intérimaire, Christian Saunders, a été nommé au terme de discussions impliquant le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a indiqué l’Unrwa dans un communiqué diffusé jeudi soir.

Cette « nomination rapide » est « le résultat d’un effort actif au cours des derniers jours entre l’Unrwa et le secrétariat général de l’ONU » et d’un « signe fort » afin d’assurer aux réfugiés palestiniens des « services ininterrompus », a affirmé l’organisation dans son communiqué.

La suspension de l’aide de la Suisse et des Pays-Bas intervient après que les Etats-Unis ont mis fin en 2018 à leur aide financière annuelle de 300 millions de dollars à l’Unrwa, qui gère des écoles et fournit une aide essentielle aux Palestiniens.

Les Etats-Unis s’opposent au fait que les Palestiniens puissent transmettre le statut de réfugié à leurs enfants, souhaitant réduire le nombre de personnes bénéficiant d’une aide de l’Unrwa, ce que les Palestiniens dénoncent comme une violation de leurs droits.