Les acteurs du halal, tels que la Malaisie et Dubai cherchent à imposer leur recette du "licite", dans une guerre de labels halal.

Estimé à 1700 milliards d’euros, le marché mondial du halal devrait peser 1870 milliards, d’ici 2018. Face à ce potentiel économique, plusieurs pays commencent à développer leur propres normes halal et à les imposer, en vue d’accaparer les plus grandes parts du marché. Au delà du concept religieux, le halal est devenu une question économique. De ce fait, on assiste à une guerre de labels halal. La Malaisie, les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite …. Tous essaient de dicter leur propre loi halal. 

Les Emirats arabes unis : du halal personnalisé

Dubaï est parmi les acteurs les plus actifs sur le marché halal mondial. Cet émirat ambitionne de devenir le centre de l’économie islamique dans le monde. En 2013, il a annoncé un plan de développement de trois ans, qui repose sur plusieurs piliers. Ces derniers consistent à faire de Dubaï un centre de la finance islamique, une référence de la nourriture halal, une destination du tourisme familial… De plus, ce plan annonce le lancement d’un centre international de certification des produits halal. Ce projet va être mis en place sur deux parties. La première concerne la standardisation et la certification de la viande. Ces normes sont relatives à l’abattage rituel et aux caractéristiques d’une viande halal. A titre d’exemple, la norme aux Emirats arabes unis n’accepte pas l’usage de l’électronarcose pour les volailles. Elle la tolère, par contre, pour les autres animaux, à condition que l’étourdissement soit réversible. Les Emirats arabes unis essaient donc d’imposer leurs labels halal pour contrer un géant asiatique sur le marché halal : la Malaisie.

Les labels halal Jakim : le Must Have sur le marché asiatique

En Malaisie, la question du halal concilie respect du religieux et de la protection du consommateur avec l’aspect économique. Le pays domine le marché du halal du fait de son ancienneté et de son expérience du Jakim, développé par le ministère du développement islamique. Pour concrétiser cette ambition, le pays a créé en 2006 la HDC, Halal Industry Development Corporation. Cette institution souhaite étendre le marché des produits malaisiens halal aux pays du Golfe entre autres. La Malaisie accueille également le plus grand salon du secteur halal: le Malaysia International Halal Showcase. Pour renforcer son positionnement, la Malaisie a mis en place une norme halal claire et précise, établie par le ministère du développement islamique: le Jakim. Cet organisme reconnait 15% des certificats halal, délivrés dans plus de 56 pays en 2011. Imposant un contrôle de qualité strict, la norme Jakim constitue un passage obligatoire pour entrer sur le marché du halal asiatique.

Si l’objectif de cette guerre est de servir la Oumma et lui procurer de la nourriture et des produits halal, alors pourquoi ne pas développer une norme commune à tous les musulmans? Seraient ce des conflits d’intérêts économiques divergents qui rendent cette issue difficile ?

Source (ici et )

Pierre Z. Lajarge

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