Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, regrette la fin de son mandat annoncée par Marlène Schiappa. 

Marlène Schiappa a annoncé, il y a quelques jours, la fin de l’Observatoire de la laïcité. Une annonce faite avec beaucoup de plaisir par la ministre, qui a longtemps milité pour la dissolution de cet organisme avec ses amis du Printemps républicain. Dans Le Monde, des intellectuels et des militants associatifs demandaient au Président de la République Emmanuel Macron de « ne pas supprimer ni réorienter » l’Observatoire. Pour l’historien Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité, la « suppression de l’Observatoire, c’est un peu comme celle de la police de proximité. Maintenant tout le monde la regrette et dans quelques années tout le monde va se plaindre qu’il n’y ait plus d’observatoire. Les gens ne se rendent pas compte parce que c’est une institution qui crée du calme. On ne voit les effets qu’après coup ».

La fin de l’Observatoire est donc actée. Président depuis 2013 de ce dernier, Jean-Louis Bianco « voyait venir depuis longtemps » la fin de cet observatoire. Il faut dire qu’il a souvent été critiqué, notamment par la frange vallsiste du Parti socialiste et de LREM. Jean-Louis Bianco regrette la fin d’une époque : l’Observatoire de la laïcité avait été créé sous Jacques Chirac. Début avril, il prend fin et devrait être remplacé par un « Haut conseil à la laïcité » couplé à « une administration de la laïcité pour ‘mailler le territoire’ ». « Il y a pas mal de gens qu’on dérange parce qu’on est indépendant, qu’on apporte une vue apaisée », déplore Jean-Louis Bianco qui se targue d’un « bilan extraordinaire ».

Pour Jean-Louis Bianco, cette fin aurait pu être plus douce. « Pourquoi veut-on casser un outil qui marche ? », demande-t-il. Il se félicite de son bilan malgré de maigres moyens. « On n’aurait jamais pu croire qu’un organisme qui venait de nulle part, composé de 4 salariés permanents avec un budget de fonctionnement de 59 000 euros, arriverait à prendre une telle place », dit-il. L’occasion désormais pour le gouvernement d’avoir les mains plus libres. Car l’Observatoire était accusé de défendre une laïcité trop molle. Il était en réalité un rempart aux décisions contraires à la loi de 1905. A propos du voile, Bianco explique : « Ce qui compte, ça n’est pas les signes, pas les tenues. Ce sont les actes et les paroles contraires aux principes de la République. Là, ce doit être la tolérance zéro. Sur cette base-là, le gouvernement ne donnera pas l’impression qu’il est discriminatoire et anti-musulmans. C’est l’islam politique qui doit être visé ».