Cette tournée diplomatique du président français Emmanuel Macron au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Arabie Saoudite a connu un succès commercial avec la signature de plusieurs contrats. Cela dit, elle suscite de nombreuses critiques.

Au cours de cette tournée des 3 et 4 décembre, les objectifs initialement fixés ont été atteints par la présidence. Il s’agit du renforcement de la lutte contre le terrorisme et le radicalisme islamiste ; la poursuite des efforts entamés pour la stabilisation régionale du Moyen-Orient et le développement ainsi que l’amplification du partenariat économique entre la France et les trois États : le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite.

Ce séjour express d’Emmanuel Macron, ayant débuté par l’étape émiratie, a plus pris un aspect « business » que diplomatique. Le chef de l’État français a annoncé la vente de 80 exemplaires de la dernière version du Rafale et de 12 hélicoptères Caracal à un de ses plus gros clients, les Émirats arabes unis. D’autres contrats ont été signés avec Airbus, Veolia, Safran et Air Liquide.

« Ces contrats sont importants pour notre économie. Ils créent de l’emploi en France parce que ces équipements sont produits en France » s’est réjoui Emmanuel Macron. Bien que cette commande soit historique et témoigne d’un succès sans précédent de l’armement français, elle crée une controverse chez les organisations de défense des droits humains. Pour Amnesty international notamment, « Ce qui nous préoccupe, c’est qu’il est conclu avec les Émirats arabes unis, fortement engagés dans le conflit au Yémen, participant aux frappes aériennes et contribuant à commettre des crimes de guerre ».

Les justification de Macron

La polémique est alimentée par la visite au prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS), mis au ban de la communauté internationale en 2018 suite à l’assassinat, qu’il a commandité, du journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul. Mal perçue par l’opinion publique et vivement critiquée par les organisations non gouvernementales, cette visite reflète la stratégie française, qui se veut une « puissance d’équilibre ». Emmanuel Macron s’est justifié en demandant : « Qui peut imaginer œuvrer à la stabilité du Proche-Orient sans parler à l’Arabie Saoudite, premier pays du Golfe en termes de taille et de population, membre du G20 et principale économie de la région ».

Ainsi, à l’heure où les Américains se détournent du Moyen-Orient, la France entend réaffirmer sa présence et sa puissance. De retour à Paris, l’Élysée s’est félicité d’avoir enclencher une nouvelle dynamique dans la région. En effet, pour la présidence, l’étape saoudienne est une réussite dans la mesure où Emmanuel Macron a convaincu MBS de passer outre la crise diplomatique avec le Liban, et d’écrire une nouvelle page dans les relations internationales.

Cette tournée diplomatique est néanmoins un véritable fiasco pour l’Hexagone en matière de respect des droits universels et libertés fondamentales. Elle a montré un désintérêt complet de la France sur la crise humanitaire au Yémen, et la défense des droits humains. En réalité, elle témoigne de la nouvelle démarche adoptée par la France, pour s’affirmer en tant que puissance sur la scène internationale, au détriment des valeurs universelles qu’elle a ardemment défendu autrefois.