La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné mardi la Russie pour avoir violé la liberté de religion d’un détenu musulman en lui interdisant de prier la nuit.

Condamné à une peine de réclusion à perpétuité, ce détenu avait reçu des avertissements après avoir été surpris en train de prier au petit matin, alors que le règlement de la prison prévoyait une phase de repos sans interruption entre 22H00 et 06H00. Les surveillants lui avaient ordonné de regagner son lit.

Plusieurs années plus tard, dans une colonie pénitentiaire, il avait à nouveau reçu un avertissement, pour avoir accompli un rite religieux pendant la journée.

Le détenu avait argué auprès du gouverneur de la prison puis devant la justice que dormir la nuit était un droit, non un devoir, et qu’il était particulièrement important pour lui de remplir ses obligations religieuses pendant le mois de Ramadan.

Les autorités russes avaient à l’inverse expliqué que la sanction disciplinaire qui lui avait été imposée était indispensable pour assurer la sécurité des prisonniers et du personnel pénitentiaire.

Notant que la façon dont ce détenu priait ne représentait aucune menace pour l’ordre ou la sécurité de la prison, les juges de la CEDH ont estimé que les décisions des autorités russes ne représentaient pas un juste équilibre entre le respect des intérêts individuels et collectifs.

La CEDH a condamné la Russie à verser 2.600 euros à ce détenu pour dommage moral.