Un faux tweet a tenté de ridiculiser la cause palestinienne en publiant une photo du petit Grégory et en affirmant qu’il s’agissait d’une victime de raids israéliens. Une opération lancée par des pro-Israéliens.

La famille de Grégory Villemin, assassiné dans les années 1980, apprécieront la manipulation. Un compte censé être un soutien de la cause palestinienne tweetait, ces dernières heures, à propos des exactions de l’armée israélienne. Dans ce tweet, on apercevait un jeune garçon qui aurait été victime des frappes israéliennes. Sauf que la photo en question est celle du « petit Grégory », dont l’assassinat, depuis les années 1980, alimente les rubriques judiciaires des journaux.

Une erreur qui a fait grincer des dents certains internautes : les défenseurs de l’Etat hébreu se sont empressés de relayer ce post pour montrer une propagande ratée des Palestiniens. Sauf que le compte était en réalité alimenté par des opposants à la Palestine.

Il faut dire que confondre le jeune Grégory Villemin avec un certain Ismail Ashur aurait été impossible. Mais plus c’est gros et plus ça passe. Ce garçon n’a jamais été « noyé par l’armée d’occupation », comme il est écrit dans le tweet, mais cela n’a pas empêché de nombreuses personnalités, de Gilles-William Goldnadel à Raphaël Enthoven, de relayer le tweet pour se moquer des comptes « pro-Hamas ».

Même la chaîne franco-israélienne I24 news s’est laissée prendre par la supercherie, tout comme le député Meyer Habib. Il n’aura pourtant fallu que quelques heures pour comprendre que le compte pro-palestinien n’en était pas un et que l’objectif du tweetos en question était de ridiculiser la cause palestinienne.

Une opération de manipulation qui prouve que la guerre se déroule aussi sur les réseaux sociaux et que les internautes partagent, sans réfléchir, le contenu qui les arrange. Car il aurait suffi de voir que le compte avait été créé fraîchement pour s’apercevoir qu’il s’agissait d’une fausse information.

Selon Le Parisien, qui cite une enquête réalisée par des tweetos, le compte à l’origine de la fake-news a été créé par les membres d’un groupe Facebook pro-israélien, baptisé « Neurchi de Sionisme décomplexé ». Les membres de ce groupe ont, écrivent-ils, voulu « voir un peu jusqu’où va leur connerie » et ont visé 2 000 retweets.

Finalement, le compte Twitter en question a été supprimé. Et ceux qui l’ont relayé se sont, pour certains, excusés. Pour les autres, pas un mot. Car dans la guerre sur les réseaux sociaux, tous les coups sont permis.