La police autrichienne avait lancé, en novembre dernier, une série de perquisitions. La justice a estimé que cette opération était illégale.

Après avoir mis en place une « carte nationale de l’islam », qui liste les associations musulmanes et leurs liens avec l’étranger, le gouvernement autrichien a jeté un « soupçon généralisé sur les musulmans », bien qu’il assure le contraire. Ümit Vural, président de la Communauté religieuse islamique d’Autriche (IGGO), affirme en effet que « des attaques contre les musulmans ont augmenté après cet incident. Des affiches affreuses ont été accrochées sur nos mosquées ».

Mais en réalité, la « chasse aux musulmans » a débuté bien avant cela. Il faut dire que malgré son arrivée au pouvoir il y a un an et demi, Sebastian Kurz, le Premier ministre autrichien, n’a jamais réussi à contrer les idées nauséabondes du parti d’extrême droite autrichien, le FPÖ.

Une décision de justice rappelle d’ailleurs un épisode douloureux pour les musulmans autrichiens. En novembre dernier, la police autrichienne avait lancé l’« Opération Louxor ». Une série de perquisitions avait alors été menées aux domiciles de plus de 60 membres présumés des Frères musulmans. Les personnes ciblées par ces perquisitions étaient accusées d’être parties prenantes d’une organisation terroriste ou, au mieux, de financer le terrorisme.

Une procédure contraire à la Constitution

Le tribunal régional supérieur de Graz a été saisi de cette affaire. Et il vient de trancher en indiquant que, pour neuf des personnes concernées par l’« Opération Louxor », les soupçons invoqués étaient insuffisants.

Le tribunal a estimé que la police avait utilisé « une force disproportionnée » contre des militants et des universitaires musulmans, sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Une opération jugée, donc, illégale. A l’époque, plusieurs familles avaient affirmé avoir subi des violences policières. Une trentaine de personnes avaient été maintenues en détention et avaient vu leurs comptes en banque bloqués.

Après la fameuse « Opération Louxor », une dizaine d’enfants, présents au moment des perquisitions, avaient dû débuter des séances de psychanalyse.

« Défoncer la porte de tant de gens au petit matin et embarquer tous ceux qui ont l’air arabophone est une procédure ni adéquate ni conforme à la liberté d’exercer sa religion telle que la prévoit la Constitution », résume, non sans une certaine ironie, le journal autrichien Die Presse.