La question du port du voile dans les compétitions sportives a créé un clivage entre députés et sénateurs. Le ton continue à monter entre les deux chambres, mais l’affaire sera définitivement réglée le 24 février prochain. 

À quelques semaines de la présidentielle, l’islam galvanise, à droite comme à gauche de l’échiquier politique. La religion musulmane, très souvent assimilée à l’islamisme radicale ou réduite à l’islam politique occupe tous les champs. La pratique sportive, en particulier le football, n’échappe pas à la tendance.

Le 19 janvier dernier, les sénateurs ont adopté un amendement, dans le cadre de la loi sur le sport visant à interdire « le port de signes religieux ostensibles » lors « d’événements sportifs et compétitions sportives organisés par les fédérations sportives et les associations affiliées ». Si de prime à bord ce texte législatif englobe toutes les religions composants la société française, il s’adresse particulièrement à la religion musulmane. En réalité, il aspire à interdire le port du voile spécifiquement.

Une commission mixte paritaire s’est réunie le 31 janvier 2022, mais en vain. Députés et sénateurs n’ont pas pu s’accorder sur une version finale de la proposition de loi. L’Assemblée nationales s’est retrouvée ce mercredi 09 février pour examiner le texte, qu’elle a massivement rejetée. Un nouveau passage au Sénat est prévu le 16 février prochain, en vue d’une adoption définitive le 24 février.

Un débat houleux

C’est une bataille politique sans précédent, que l’hémicycle a observé. Finalement, les députés ont rejeté l’ensemble des amendements destinés à interdire le port du voile. Les députés du parti Les Républicains ont massivement dénoncé ce rejet. Éric Ciotti a déposé une motion de rejet qui n’a pas été votée par les élus.

Face à cela, le conseiller de la candidate Valérie Pécresse a attaqué le gouvernement quant à sa « soumission » à l’islamisme. « Ne laissons pas le sport être contaminé par l’islamisme » a lâché l’élue, ajoutant « Les hijabeuses nous testent, le voile est le porte-drapeau des islamistes ». Les réactions ne se sont pas fait attendre. Régis Juanico, député Génération.s de la Loire lui a répondu « Avec votre obsession d’introduire un article sur l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les événements et compétitions sportives, Éric Ciotti instrumentalise ce texte en une tribune politique sur la seule question du voile dans le sport ».

La secrétaire d’État Nathalie Elimas s’est également exprimée, au nom du gouvernement. Elle s’est étonnée de la « tribune politique » d’Éric Ciotti. « Nous luttons contre la radicalisation dans le sport comme jamais auparavant » a-t-elle affirmé.

Un combat pour la liberté

À cause d’une approche raciste, islamophobe et discriminatoire, des lois de plus en plus liberticides risquent d’être adoptées. Le collectif de femmes les « Hijabeuses », défendent leur droit à pratiquer le football en portant le voile. Leur manifestation, en marge de la réunion de l’Assemblée nationale, a été interdite. Le préfet de Paris, Didier Lallement a pris un arrêté préfectoral, pour interdire cette manifestation. Il a été condamné par le Tribunal administratif de Paris, jugeant la mesure illégale. La préfecture de police devra ainsi verser une somme de 1000 euros au Collectif. La Ligue des droits de l’Homme a aussi entrepris un recours juridique.

Les discriminations dont est victime la communauté musulmane en France, s’intensifie depuis ces derniers mois. Si les « Hijabeuses » s’activent à défendre le port du voile dans les compétitions sportives, c’est au nom de la liberté de culte, dans le respect des valeurs républicaines. Pourtant, l’État et ses représentants, se dépassent pour transgresser et violer délibérément les libertés et droits fondamentaux de cette communauté, tels que stipulés par la Constitution.

La dérive républicaine française fait craindre davantage de violations des droits humains. Cette situation est alarmante, dans un contexte d’islamophobie général. La prochaine élection présidentielle sera crucial, pour l’avenir humanitaire et humaniste de la France.