Au cours d’un exercice inédit diffusé en direct mercredi 15 décembre, le président de la République Emmanuel Macron est revenu sur les actions et projets phares de son quinquennat. Il a notamment défendu les effets de sa loi contre le séparatisme.

Le chef de l’État a pris la parole au cours d’un long entretien bilan de son mandat, à quatre mois de l’élection présidentielle. Intitulée « Où va la France ? », l’interview a permis à Emmanuel Macron de répondre aux différentes questions que se posaient les Français. Il est donc revenu durant plus de deux heures, sur des événements majeurs ayant marqué son quinquennat comme la crise des gilets jaunes, la crise sanitaire ou encore la réforme des retraites et ses propos parfois polémiques.

Parmi les problématiques abordées, il a évoqué la mort de l’enseignant Samuel Paty. « La mort d’un enseignant parce qu’il enseigne est intolérable dans une société comme la nôtre. La forme qu’a prise cette attaque terroriste a été une sidération terrible, un moment terriblement douloureux » a-t-il déclaré, avant d’ajouter « La lutte contre cet islamisme radical (…) est un combat qui doit être mené avec détermination mais sans haine. (…) Il faut convertir les esprits, c’est un combat culturel et civilisationnel. Il faut être intraitable à l’égard de ces gens qui utilisent ces messages de mort et veulent saper la République en son sein. Il faut convaincre que leur avenir c’est la France et la République ».

Les propos présidentiels laissent à penser que l’Islam n’a pas sa place en France, ni au sein de la République. Que cette religion est aux antipodes des valeurs républicaines et universelles, que la France défend, coûte que coûte. Face aux deux journalistes de TF1 qui menaient l’entretien, Emmanuel Macron a plaidé qu’« Il y a des millions de Français qui sont des citoyens tranquilles, qui respectent les lois de la République et qui croient en l’islam et il faut les respecter. C’est ça la laïcité ». Mais cela n’empêche pas de mener un combat sans merci aux dérives radicales et extrémistes.

Le président s’est d’ailleurs félicité des dispositions et de l’engagement des services de l’État en matière de lutte contre le terrorisme. La loi contre le séparatisme a conduit « à fermer des mosquées » et à faire « contrôler des établissements » musulmans. Grâce à cette loi, l’État français peut mener sa vendetta contre les musulmans de France en toute impunité. Si à l’origine, ce texte juridique ambitionne d’éradiquer toutes les dérives religieuses, notamment musulmanes, il est lui-même sujet à la dérive. En effet, bien qu’ayant un aspect général et des concepts trop flous et vagues, cette loi traduit la trajectoire prise par l’Hexagone, à savoir la stigmatisation des musulmans. Les établissements et lieux de culte catholiques ou encore juifs ont été épargnés, en comparaison à ceux de l’islam. La promulgation de ce texte n’est que le reflet de l’actuelle dynamique socio-politique française, fondée sur le nationalisme, la montée des discours de haine et l’islamophobie.

Très clair sur les choix des combats que la France a décidé de mener sur son territoire, Emmanuel Macron a refusé de dévoiler s’il sera candidat à la prochaine élection présidentielle. L’élection du prochain chef de l’État suscite beaucoup de questionnements, mais une chose est sûre, le « problème musulman » demeure une constante.