« Ils venaient souvent du soleil, celui de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, mais aussi du Sénégal ou du Mali, en fait des quatre coins du monde, et ils sont morts ici, à Verdun, souvent dans le froid et dans la peur », a déclaré le ministre de l’Intérieur, également titulaire en France du portefeuille des Cultes, à propos de la longue et très meurtrière bataille de Verdun (février-décembre 2016).

« Ces hommes sont des héros et des repères pour tous les Français, pour notre jeunesse parfois en proie à une perte de sens, pour tous les Français qui pourraient croire qu’ils n’ont pas leur place dans la République », a-t-il souligné.

S’exprimant devant les « tombes ornées du croissant », Gérald Darmanin a mis en garde contre « tout dévoiement de l’esprit de la République », un « dévoiement insidieux qui évoque à mot couvert la prétendue incompatibilité qu’il pourrait y avoir entre le fait de croire et d’être républicain ».

« La République ne préfère aucune religion, ne combat aucune religion », a-t-il insisté.

« Les combattants musulmans ont fait notre histoire, ils sont notre histoire. La France, la patrie leur doit une dette éternelle, celle du sang versé et du sacrifice consenti », a poursuivi M. Darmanin, en présence du président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, et de la ministre déléguée à la Mémoire et des Anciens combattants, Geneviève Darrieussecq.

A l’issue de la cérémonie, M. Darmanin ne s’est pas adressé à la presse.

Mardi, devant des députés, il avait – comme ses prédécesseurs – réfuté l’utilisation du mot « violences policières » en lançant : « Quand j’entends le mot +violences policières+, personnellement, je m’étouffe », reprenant les ultimes paroles (« J’étouffe ») répétées par un homme décédé en janvier à Paris lors de son interpellation.

La famille de cet homme – Cédric Chouviat, coursier et père de famille de 42 ans – s’est dit « scandalisée » et « heurtée » par les propos « abjects » de M. Darmanin.

La France connaît un regain de mobilisation contre les violences policières, depuis la mort fin mai aux Etats-Unis de George Floyd, un Américain noir, lors de son arrestation par un policier blanc. Parmi les slogans, « Laissez-nous respirer » renvoie aux dernières paroles de George Floyd: « Je ne peux pas respirer » (« I can’t breathe »).