Un nouveau scandale éclabousse l’Hexagone sur un dossier des droits de l’Homme. Dans un rapport, la Fédération internationale des droits humains (FIDH) apporte de nouvelles preuves des exactions commises par l’Émirat du Golfe au Yémen, un partenaire stratégique auquel la France vend des armes.

« Ventes d’armes : France et Émirats arabes unis, partenaires dans les crimes commis au Yémen ? » est le rapport produit par la FIDH et ses organisations partenaires. Ce document d’une soixante de pages est le fruit d’une recherche menée en partenariat avec l’Observatoire des armements, entre avril 2019 et avril 2021 par la FIDH et des organisations membres du Yémen, du Golfe et de la France. Il documente les dessous de la guerre au Yémen, à laquelle les Émirats arabes unis participent activement.

Les experts révèlent que les entreprises et l’État français ont manqué à leurs engagements internationaux en matière de droits humains, les rendant potentiellement complices des crimes et nombreuses violations des droits humains contre la population yéménite. L’armement « Made in France » aurait été utilisé « dans la répression menée par le régime à l’intérieur du pays » ainsi que dans « les crimes de guerre perpétrés au Yémen ».

Ces révélations détonnent alors que le chef de l’État, Emmanuel Macron, a effectué une visite au début du mois de décembre, dans le Golfe. Lors de son déplacement à Abou Dhabi, il avait d’ailleurs annoncé la vente aux Émirats arabes unis de 80 avions de chasse Rafale de l’industriel Dassault Aviation et de 12 hélicoptères Caracal. Le président s’était même félicité d’avoir signé « Le plus gros contrat à composante militaire de notre histoire ».

Des éléments accablants

Le rapport montre comment les Émirats arabes unis sont devenus un poids lourd de l’industrie de l’armement française. Des sociétés françaises comme Safran, Thales ou encore Airbus et Dassault, ont créé des joint-ventures avec des entreprises émiriennes. Cela a permis de contourner la réglementation française. En effet, le droit français s’assure que l’armement produit par l’Hexagone n’alimente pas de conflit armé, ni de guerre civile et ne doive pas servir à commettre des violations des droits humains.

Pourtant, malgré le contournement de la législation sur les exportations, la France continue à vendre des armes aux Émirats, tout en sachant qu’ils sont engagés dans la guerre au Yémen, ayant découlé sur la plus grande crise humanitaire du monde selon l’Organisation des Nations-Unies. Pis encore, sur la base de témoignages de victimes, les auteurs font état de d’arrestations arbitraires et d’actes de tortures. Certains d’entre eux ayant été réalisés sur l’ancien site gazier de Total, au sud du Yémen.

Avec toutes ses preuves, la FIDH et ses membres ainsi que ses partenaires « appellent les autorités françaises à placer la légalité internationale au cœur de ses relations avec ses alliés stratégiques ». Le pays des droits de l’Homme doit respecter ses engagements internationaux pour ne pas se retrouver responsable des exactions commises au Yémen.