La France a décidément un problème avec la visibilité des femmes musulmanes voilées. Une campagne du Conseil de l’Europe célébrant « la liberté dans le hijab » a été retirée face à la pression française.

Elle a provoqué des réactions en chaîne, notamment de la part d’une classe politique française qui penche de plus en plus vers l’extrême droite : le Conseil de l’Europe a lancé une campagne célébrant la diversité et « la liberté dans le hijab ». L’objectif était de « célébrer la liberté et le hijab ». La vie ne serait-elle pas ennuyeuse sans un minimum de diversité ?, demandait, en substance, la campagne.

Censée être diffusée à partir de jeudi dernier, la campagne, lancée par le Programme pour l’inclusion et la lutte contre les discriminations du Conseil de l’Europe et cofinancée par l’Union européenne, a finalement eu une durée de vie très courte.

La faute notamment au gouvernement. En effet, comme l’a avoué la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse, Sarah El Haïry, la France a « fait part de sa désapprobation extrêmement vive » permettant par « ses réseaux diplomatiques » de mettre en route « le retrait de cette campagne ». Mais qu’est-ce qui a pu, à ce point, irriter Matignon ?

La gauche renie ses valeurs

On le savait, du côté de la droite,la campagne allait faire mouche : notamment chez Les Républicains. Valérie Pécresse a affirmé que le voile n’était « pas un symbole de liberté mais de soumission ». Évidemment, même son de cloche chez les autres cadres du parti, comme Eric Ciotti et Bruno Retailleau. A gauche, la réaction n’a pas été moins virulente. Laurence Rossignol, que l’on sait proche du Printemps républicain, affirme que « dire que la liberté est dans le hijab » revient à « en faire la promotion ». Manuel Valls, lui, a été choqué face à cette affiche « ahurissante et dangereuse ».

Des positions proches de celle de Marine Le Pen. « Cette communication européenne en faveur du voile islamiste est scandaleuse et indécente, a indiqué la candidate à la présidentielle. C’est quand les femmes retirent le voile qu’elles deviennent libres, pas l’inverse ! » Et bien évidemment, ceci a été du pain béni pour Eric Zemmour qui rappelle que « l’islam est l’ennemi de la liberté ».

Le Conseil de l’Europe, face à la pression française, s’est aplatie en deux temps, trois mouvements. « Ces tweets ont été retirés et nous allons réfléchir à une meilleure présentation de ce projet », indique un communiqué de l’institution qui affirme que son objectif était de « sensibiliser à la nécessité de respecter la diversité et l’inclusion et de combattre tout type de discours de haine ». Cela aura eu l’effet inverse, notamment à cause d’une France qui n’en finit plus de détester le foulard islamique.