Le constructeur de voitures électriques Tesla, société dirigée par Elon Musk, a ouvert un showroom dans la région du Xinjiang en Chine, à la veille du Nouvel An. Cette annonce a provoqué un torrent de critiques de la part de groupes américains de défense des droits, et d’organisations professionnelles.

Le Xinjiang chinois est devenu le principal point de tension entre les gouvernements occidentaux et la Chine. Cette région accueille les camps, où sont enfermés plus d’un million de Ouïghours, minorité musulmane, persécutée en Chine. Pékin y mène une forte répression et pratique l’assimilation forcée et l’internement. En réalité, elle reflète l’autoritarisme chinois, exercé en violation des droits de l’Homme et des libertés individuelles, qualifié aujourd’hui de « génocide ».

Tesla s’est vanté de l’ouverture d’un showroom à Urumqi, capitale du Xinjiang, sur l’équivalent chinois de Twitter « Pour 2022, lançons ensemble le voyage électrique du Xinjiang ». La Chine représente le premier marché étranger pour l’entreprise d’Elon Musk, où il a ouvert en 2018 une usine Tesla, à Shangaï.

L’ouverture d’une concession par le constructeur américain a suscité de vives réactions et une polémique aux États-Unis. En effet, le pays de l’oncle Sam a imposé une pression politique sur Pékin, par la voie de sanctions. Il s’agit notamment de la mise en place d’interdictions sur l’importation des biens du Xinjiang, issus du travail forcé. « Si vous êtes une entreprise qui produit dans cette région ; vous devrez prouver que ce ne sont pas des esclaves qui les ont fabriqués. La présomption pèse sur vous » avait déclaré l’un des auteurs de la loi. A côté de ces sanctions économiques, Washington avait annoncé le boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver prévus en février 2022. Mais Elon Musk semble bien se moquer des différends et de la politique américaine à l’égard du régime chinois.

Cette décision, en contradiction avec la politique étrangère américaine a provoqué la colère d’organisations non gouvernementales de défense des droits humains et autres organisations professionnelles. Parmi elles, le Conseil sur les relations américano-islamiques a réagi, en affirmant sur Twitter que Tesla « soutenait un génocide ». Des critiques similaires ont été formulées par l’Alliance pour la production américaine et par des sénateurs américains.

Des milliers de militants ont appelé l’entreprise américaine à fermer son nouveau showroom sur les réseaux sociaux. Les exactions commises dans le Xinjiang ont été documentées, et témoignent de graves violations du droit international, des droits humains et des libertés. Des appels au boycott commencent à émerger, pour mettre fin à la complicité des entreprises dans ce génocide.