Une statue à la mémoire de la répression de Tiananmen, installée en 1997 sur le campus de l’Université de Hong Kong a été déboulonnée dans la nuit. Son retrait a provoqué de vives réactions chez les militants pro-démocratie.

Les manifestations de Tiananmen sont à l’origine un mouvement d’étudiants, d’intellectuels et d’ouvrier chinois, dénonçant la corruption et réclamant des réformes politiques. Et démocratiques.  Cet événement majeure de la vie socio-politique chinoise en 1989 a débouché sur un massacre, et une vague de répression sans précédent. Des centaines de victimes civiles sont enregistrées ainsi que des arrestations de masse.

Dans l’ancienne colonie britannique, la statue surnommée « Pilier de la honte » rendait hommage aux victimes de ce sombre épisode de l’histoire moderne chinoise. Un événement que la Chine tente d’effacer de la mémoire collective et supprimer de l’Histoire.

Installée à l’Université de Hong Kong en 1997, ce monument représentant l’enchevêtrement de 50 corps déformés par la douleur, rendait un symbolique hommage aux victimes de Tiananmen. Dans un communiqué de l’Université, il est dit que « La décision concernant la vieille statue a été prise sur la base d’un avis juridique externe et d’une évaluation des risques pour le meilleur intérêt de l’université ».

En réalité, cette décision reflète la reprise en main autoritaire de Pékin sur Hong Kong, à travers la loi sur la sécurité nationale. Symbole de la démocratie, l’ex-colonie perd de son éclat mais surtout des droits et libertés dont elle jouissait avant 2020. Le retrait de la statue a suscité de vives réactions chez les militants exilés, luttant pour le maintien des principes et idéaux démocratiques de Hong Kong. Pour Nathan Law, un ancien élu réfugié aujourd’hui au Royaume-Uni « ‘Le Pilier de la honte’ a été retiré, mais la mémoire survit. Nous devons nous souvenir de ce qui s’est passé le 4 juin 1989 » a-t-il tweeté.

De multiples réactions, suite à cette manœuvre autoritaire du régime chinois, ont été partagées sur les réseaux sociaux. Les défenseurs des droits de l’Homme et militants pour la démocratie se sont engagés à faire vivre « ce chapitre de l’histoire maculé de sang », dans la mémoire collective.

La liberté d’expression visée par Pékin

Hong Kong a longtemps été le seul endroit en Chine où la commémoration des événements de Tiananmen était tolérée. Mais depuis ces deux dernières années, les veillées sont interdites, sous couvert de risques liés à la crise sanitaire. Le régime chinois, de puis la rétrocession de Hong Kong, vise tous les symboles de la liberté d’expression. Les voix dissidentes sont tour à tour éteintes. Toute personne s’érigeant contre le régime est écartée.

Les récentes élections ont montré que l’écrasante majorité des électeurs potentiels n’ont pas participé, car jugées factices. Les candidats pro-démocratie ont été mis à l’écart avec l’imposition d’un nouveau code électoral. Les élections, qui normalement représentent un processus démocratique ont été instrumentalisées pour procéder à l’épuration du Parlement.

Les événements à Hong Kong, le génocide des Ouïghours et autres minorités, dévoilent au grand jour la véritable stratégie politique de Pékin : éliminer toute forme de dissidence et d’opposition, à n’importe quel prix. La Chine continue à commettre des crimes contre l’humanité, et à bafouer les droits fondamentaux et libertés universels de milliers de personnes, sans se préoccuper des conséquences. La communauté internationale, malgré les sanctions imposées, peinent réellement à trouver une sortie de crise, et se trouve très souvent complice de ces traitements inhumains.