En raison de la situation des droits de l’Homme en Chine, les États-Unis ont annoncé le boycott politique et diplomatique des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Pékin 2022. Les athlètes américains participent quant à eux à la compétition.

Lundi 06 décembre, le porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a annoncé la décision de l’administration Biden de boycotter les Jeux olympiques et paralympiques prévus à Pékin en février prochain. Aucune délégation officielle, ni représentant diplomatique ne sera présent, en signe de protestation contre le « génocide et les crimes contre l’humanité en cours au Xinjiang ».

« La présence d’une représentation officielle des États-Unis signifierait que ces jeux sont un évènement normal, au regard des violations flagrantes des droits de l’Homme et aux atrocités commises par la République populaire de Chine au Xinjiang, nous ne pouvons tout simplement pas faire cela » a expliqué Jen Psaki.

Le respect des droits humains et libertés fondamentales s’inscrivent dans la nouvelle dynamique des relations extérieures américaines. Ainsi, la démocratie avec ses principes et valeurs, est devenue le nouveau cheval de bataille de l’administration américaine, depuis l’élection de Joe Biden à la présidence. Avec ce boycott, les États-Unis entendent faire progresser la situation des droits de l’Homme en Chine, et ailleurs dans le monde. Mais en réalité, dans ce cas précis il n’en est rien. Cette décision est le fruit de motivations purement politiques contre le régime chinois, avec lequel l’Oncle Sam entretient une rivalité depuis des années.

Un geste politique

Le boycott diplomatique américain découle de cette confrontation opposant les États-Unis à la Chine. L’exécutif américain, avec son slogan « America is back » entend redorer l’image du pays après l’ère Trump, et réaffirmer sa superpuissance sur la scène internationale. La Chine est ce concurrent de longue date, contre qui les États-Unis sont en concurrence dans de nombreux domaines. Cette rivalité a longtemps imposé une dynamique spéciale aux relations internationales, et continue aujourd’hui encore.

En décidant de ne pas envoyer de représentant officiel à ces jeux, les États-Unis envoient un signal politique fort au gouvernement chinois. En effet, lors du sommet virtuel entre Biden et le président chinois Xi Jinping le mois dernier, le chef de l’État américain avait fait part de ses préoccupations sur l’agression chinoise envers Taïwan, sur des questions commerciales ou encore concernant les droits de l’Homme. C’est en opposition au régime politique chinois que ce boycott intervient, et non pas pour la défense de la minorité musulmane ouïghour.

Les exactions commises par le gouvernement chinois, et les multiples violations des droits universels des ouïghours sont une réalité. La manipulation politique américaine de cette crise reflète non seulement la poursuite des idéaux de puissance américains et un désintérêt profond face à la répression des minorités musulmanes.