Après être partie d'une secte, une juive ultraorthodoxe a mené une vie laïque, avant de se suicider suite à la séparation avec ses enfants.

Sortie de l’ultraorhodoxie, une juive d’Israël s’est donné la mort. Elle raconte sa vie dans un manuscrit qui a ému le pays.

C’est un texte écrit sous forme de testament, qui a bouleversé Israël. Le corps d’Esti Weinstein a été retrouvé sans vie, dimanche, au sud de Tel-Aviv. Cette mère de sept enfants, la cinquantaine, faisait partie d’une secte hassidique, avant d’en partir. Problème : lorsque l’on la quitte, cette secte vous considère comme mort. Interdiction de voir ses enfants, rejetée par sa propre famille… La fin de la vie d’Esti Weinstein a été un vrai calvaire, qu’elle raconte dans un manuscrit de 183 pages avant de se donner la mort. Le titre de ce testament ? « Faire sa volonté », ou comment se passe la vie au sein des « haredim », comprenez « craignant Dieu. »

« Je meurs en raison de mes filles »

Cette histoire, racontée par la correspondante de Libération en Israël, a ému dans tout le pays. Esti Weintein laisse derrière elle sept filles, dont l’une a également quitté la secte. Malgré sa « libération », Esti Weintein n’a pas supporté d’être coupée de ses proches. « C’est dans cette ville que j’ai donné naissance à mes filles et c’est dans cette ville que je meurs en raison de mes filles », écrivait-elle avant son suicide. La femme raconte également son mariage forcé, à l’âge de 17 ans, l’obligation de se taire, de faire le ménage et de faire des enfants sans broncher. Esti Weinstein a été enterrée loin des rites hassidiques, grâce à la volonté de sa fille qui s’est opposée à sa famille, qui voulait récupérer le corps de la défunte. Esti Weinstein est devenue, en quelques jours, le symbole de la lutte pour la laïcité en Israël, un pays qui « ne sépare pas de manière obligatoire et systématique la religion de l’Etat », comme l’explique le Consistoire de Paris.

Yassine Bannani

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