Les neuf syndicats de la fonction publique manifestent ce 10 octobre. Près de 130 manifestations et rassemblements sont prévus dans 90 départements, avec un cortège à Paris à 14 heures, qui est parti de la place de la République. De nombreux services publics seront fermés ou tourneront au ralenti aujourd’hui, dont des établissements scolaires, crèches, bibliothèques et hôpitaux. Selon l’Education Nationale, 17,4% des enseignants sont en grève. La direction générale de l’aviation civile (DGAC) a quant a elle recommandé aux compagnies aériennes de réduire leurs vols de 30 % dans les grands aéroports nationaux. « Il y a une mobilisation importante (…). Il faut entendre ces inquiétudes », a réagi mardi sur France 2 le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Il a également annoncé que le rendez-vous salarial prévu ce matin entre les syndicats et le gouvernement serait repoussé au 16 octobre, afin que les « responsables syndicaux ne soient pas contraints de quitter la manifestation pour venir discuter. » Pourtant ce rendez-vous, prévu à 10h30 pour un début de manifestation à 14 heures dans la capitale, n’empêchait pas la tenue des deux évènements, dénoncent la CGT et Solidaires. Dans une interview donnée hier aux Echos, Laurent Berger, numéro un de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), a alerté sur le« malaise profond » des fonctionnaires, qui « souffrent de n’être vus que comme un poids budgétaire et non pas comme une richesse. » Gel du point d’indice, hausse de la CSG, suppressions de postes… voici les principales mesures contre lesquels les fonctionnaires manifestent aujourd’hui.

120 000 postes supprimés durant le quinquennat Macron

« Nous réduirons le nombre d’agents publics de 120 000 emplois sur la durée du  quinquennat », avait déclaré Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. En septembre, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin annonçait 1 600 suppression de poste en 2018, sans en donner la répartition. Cette mesure inquiète donc les fonctionnaires, même si les effectifs de la fonction publique hospitalière devraient être maintenus.

Le gel du point d’indice en 2018

Autre mesure critiquée, le gel du point d’indice. Le point d’indice qui sert de calcul à la rémunération des agents publics, ne verra pas d’augmentation en 2018 comme l’annonçait Gérald Darmanin en juin dernier. « Nous ne pouvons pas, avec les moyens de la France, poursuivre ces augmentations », avait-il déclaré. Le point d’indice avait déjà augmenté de 0,6 % en juillet 2016 et en février 2017. Mauvaise nouvelle donc pour les fonctionnaires, dont le salaire n’augmentera pas.

Le retour de la journée de carence

La journée de carence permet de supprimer le paiement de la première journée d’absence en cas d’arrêt maladie. Mise en place sous le mandat de Nicolas Sarkozy, puis abrogée en 2013, la journée de carence devrait faire son retour. Gérard  Darmanin estime que ce rétablissement vise à  « lutter contre le micro-absentéisme qui (…) coûte environ 170 millions d’euros par an. »

La diminution des contrats aidés

Les contrats aidés, contrats subventionnés qui sont censés faciliter l’insertion dans le monde professionnel concernent surtout le secteur hospitalier et l’Éducation nationale. Le gouvernement a décidé de baisser le nombre de ces contrats, qu’il juge « trop coûteux » et « inefficaces » dans la lutte contre le chômage. En 2016, 459 000 contrats aidés ont été signés et seuls 293 000 doivent l’être sur l’année 2017. Une mesure qui inquiète le milieu scolaire qui pourrait pâtir du manque d’accompagnateurs, d’auxiliaires de vie et d’employés de restauration qui bénéficient de ses contrats.

La hausse de la CSG

Elle est l’une des mesures phares du budget de 2018. La hausse de la CSG, de 1,7 point à partir du 1er janvier 2018, est prévue en échange de la suppression des cotisations salariales. Une mesure qui bénéficie aux salariés du privé, mais que dénonce les retraités et les fonctionnaires. Pour apaiser les tensions, le premier ministre Edouard Philippe a réagi avant la journée de grève.

Hier, au micro d’Europe 1, il a déclaré que l’augmentation de la CSG serait neutralisée « d’abord, en diminuant les cotisations calquées sur les cotisations salariales et ensuite par un versement de primes. Il y aura donc une neutralisation complète de l’augmentation de la CSG. »

5,4 millions d’agents de la fonction publique sont donc appelés à se mobiliser aujourd’hui un peu partout en France. En parallèle, la grogne continue contre les ordonnances dans le cadre de la réforme du code du travail. Selon une information de Médiapart, la CGT a déposé un recours devant le Conseil d’Etat afin d’en faire invalider une partie.