Un percussionniste sénégalais, Latyr Sy, résidant depuis 20 ans au Japon, a été empêché de participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo. Sy serait « trop africain », selon les organisateurs. Une discrimination parmi d’autres ?

Après des accusations de sexisme et d’antisémitisme, les organisateurs des Jeux Olympiques Tokyo 2020 sont confrontés, depuis quelques jours, à des accusations de racisme. Un musicien sénégalais, Latyr Sy, avait été convoqué pour participer à la cérémonie d’ouverture des JO, en prenant place au sein de l’orchestre. Toutefois, il s’est fait exclure la veille, après des mois de préparation, parce que les organisateurs ne voulaient pas d’un « Africain ».

Latyr Sy a vécu et joué au japon pendant deux décennies. Il avait été recruté en avril, avec l’obligation de bloquer son agenda pour participer aux répétitions. Il avait même signé un accord de confidentialité pour garder les plans de la cérémonie confidentiels. Il devait également présenter des tests réguliers de dépistage de la Covid-19.

Depuis le 26 mai, les contrats des musiciens étaient signés. Seul Sy qui n’avait pas reçu le sien. Il continuait toutefois à participer aux répétitions. Quelques jours avant la cérémonie d’ouverture des JO, il a finalement reçu un mail l’informant qu’il ne serait pas retenu. Il aurait aussi remarqué qu’un autre percussionniste avait été recruté à la dernière minute, à sa place. Ayant demandé des explications au bureau japonais du Comité International Olympique, il n’a obtenu aucune réponse.

Racisme, antisémitisme, sexisme et grossophobie… les coulisses des JO

Selon des sources citées par le journal britannique Independent, Sy aurait été exclu à cause de sa couleur de peau. Le comité d’organisation aurait en effet estimé que Sy était « trop africain » et que, s’il était autorisé à se produire, il « faudrait embaucher des musiciens de nombreuses ethnies et nationalités différentes ». Des révélations que Latyr Sy qualifie de « totalement racistes ». « Cela ne correspond pas à l’esprit des Jeux Olympiques. Ce n’est pas une question d’argent, c’est une injustice. Je vis ici depuis 1994, j’ai joué partout avec des artistes japonais, et voilà ce que j’obtiens », déplore le percussionniste.

Cet incident n’est pas le premier : les organisateurs des JO de Tokyo sont confrontés à une série d’accusations accablantes. Le directeur de la cérémonie d’ouverture, Kentaro Kobayashi, avait été limogé après avoir diffusé une vidéo de lui faisant des blagues sur l’holocauste. Plus tôt, en février, le patron des JO et ancien Premier ministre japonais, Yoshiro Mori, a démissionné après avoir tenu des propos sexistes. 400 volontaires s’étaient retirés du comité d’organisation des JO.

En mars, le directeur créatif des Jeux Olympiques de Tokyo, Hiroshi Sasaki, a été contraint de démissionner lui aussi après avoir traité la comédienne Naomi Watanabe de « gros cochon olympique ». Il avait suggéré que l’actrice se produise lors de la cérémonie d’ouverture, déguisée en cochon, faisant allusion à son poids.