Malgré l’adhésion du Soudan aux Accords d’Abraham et la normalisation des relations diplomatiques entre Israël et le pays africain, c’est un judoka soudanais qui emboite le pas à l’Algérien Fethi Nourine. En effet, Mohamed Abdalrasool a refusé de se présenter sur le tatami, ce lundi, alors qu’il devait combattre l’Israélien Tohar Butbul. Aabdalrasool, âgé de 28 ans, s’était présenté à la prise des poids préalable lors de la troisième journée de ces JO. A l’heure du combat, il a cependant répondu absent.

 

L’entraineur d’Abdalrasool et la délégation du Soudan ont refusé de commenter l’événement, clairement gênés par le conflit entre la perspective politique de leur gouvernement et la position du judoka. Rappelons qu’Abdalrasool devait faire face à Nourine dans le combat menant à faire face à Butbul. Le retrait de Nourine, cependant, a permis au judoka israélien de se qualifier directement contre le Soudanais.

 

La Fédération internationale de judo (IFJ) était montée au créneau ce samedi, avec un communiqué au sujet du retrait de Nourine. On y lit notamment : « Nous ne tolérons aucune discrimination, car elle va à l’encontre des valeurs de notre sport ». Or, ce que l’IFJ peine à comprendre, c’est que le forfait de Nourine est justement une protestation contre la discrimination et les crimes innombrables commis par Israël.

 

Défaite de l’Israélien dans son premier combat des JO

 

Le judoka soudanais risque donc de se voir infliger le même traitement que son confrère algérien. A savoir le retrait de l’accréditation olympique, mais pas seulement. Les enjeux sont plus immédiats pour Mohamed Abdalrasool, car contrairement à l’Algérie, le Soudan est actuellement très ami avec Israël. Surtout, le danger auquel fait face Abdalrasool dans son pays est indéniable, après sa décision courageuse.

 

Côté sportif, pour le judoka israélien, Tohar Butbul, ce sont donc deux victoires obtenues sur tapis vert. Il s’est directement qualifié pour les 16e de finale, où il a été éliminé par le Coréen An Changrim.

 

Néanmoins, comme Nourine a été salué pour son choix, Abdalrasool le sera aussi sans doute, par son peuple, qui souffre le martyr à cause d’une inflation provoquée par le FMI. Un FMI qui a multiplié les gestes « amicaux » envers le pouvoir soudanais, au même titre que la France, et le Club de Paris, contre une normalisation avec Israël.