Le judoka algérien Fethi Nourine a déclaré forfait aux JO plutôt que de rencontrer un Israélien. Une décision qui pourrait lui coûter une sanction.

« Le sport est fait pour rassembler les peuples. Ce comportement antisportif et cette décision honteuse s’inscrivent dans un boycott dont Israël fait trop souvent l’objet ». Voici le message de l’ambassade d’Israël en France après le forfait du judoka algérien Fethi Nourine aux Jeux Olympiques de Tokyo qui ont débuté ce vendredi.

Nourine devait affronter l’athlète soudanais Mohamed Abdalrasool, lundi, lors du premier tour de la compétition de judo pour les moins de 73 kilos. S’il remportait son combat, il aurait alors dû être opposé à l’Israélien Tohar Butbul.

Alors que certains sportifs feignent une blessure pour abandonner avant de rencontrer un athlète israélien, Nourine a assumé sa décision par la voix de son entraîneur. « Nous n’avons pas eu de chance avec le tirage au sort, un adversaire israélien est sorti et c’est pourquoi nous avons dû nous retirer, nous avons pris la bonne décision », a indiqué Amar Benijlef.

De quoi provoquer des regrets, mais pas de remords pour Nourine. Son entraîneur explique : « Nous avons travaillé dur pour nous qualifier pour les Jeux, mais la cause palestinienne est plus grande que tout cela ».

De son côté, l’ambassade d’Israël à Paris réclame « des sanctions ».

Des sanctions de la part du CIO ?

En 2012, une polémique avait éclaté en pleins JO lorsque des judokas libanais et israéliens s’étaient entraînés dans la même salle, séparés par une cloison. A Rio en 2016, l’Égyptien Islam El Shehaby avait refusé de serrer la main d’Or Sasson, son adversaire israélien, après le combat.

Il y a cinq ans, Rachid Hanifi, président du comité olympique algérien, affirmait qu’il ne pouvait obliger ses athlètes à concourir contre des sportifs israéliens. Lors de compétitions précédentes, un kayakiste, Nassredine Bagdhadi, s’était retiré d’une course tandis que la judokate Meriem Moussa avait déclaré forfait lors de la Coupe du monde de judo féminin de 2011.

Pour le CIO, le boycott sportif est sensible. « C’est quelque chose qui s’est déjà produit. Pas officiellement, mais des athlètes se sont retirés soi-disant sur blessures alors qu’ils devaient affronter des athlètes israéliens ». Or, poursuit l’organisation, « si ce genre de comportements était avéré, des sanctions seraient prises contre l’athlète mais aussi contre le comité national olympique (CNO) et le gouvernement, car le plus souvent ce ne sont pas des décisions individuelles ».

Autrement dit, l’Algérien risque aujourd’hui des sanctions, car sa décision est clairement liée à la cause palestinienne. Le CIO s’appuie sur sa charte qui indique que « toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l’appartenance au Mouvement olympique. »