Entre Israël et la Turquie, un accord de normalisation a été signé. Netanyahu a promis d'indemniser les familles de victimes turques tuées par les forces armées israéliennes.

La Turquie et Israël ont annoncé la normalisation de leurs relations, après six ans d’une brouille diplomatique.

Du côté de la Turquie, on se félicite de la « victoire diplomatique. » Du côté de la communauté internationale, on estime qu’il s’agit d’un « signal d’espoir. » Ce lundi 27 juin, Turquie et Israël ont annoncé la normalisation de leurs relations, seize ans après le début d’une brouille diplomatique et six années après l’assaut lancé par Israël contre le navire Mavi Marmara, affrété par une ONG humanitaire turque, qui avait fait dix morts. Cette normalisation des relations entre les deux pays ressemble à une alliance de circonstance pour contrer le retour de l’Iran sur le devant de la scène internationale.

La Turquie a rassuré les Palestiniens

C’est avant tout économiquement que les deux Etats ont renoué contact. Le Premier ministre israélien Netanyahu cherchait en effet des débouchés pour les réserves gazières qu’il devrait rapidement commencer à exploiter en Méditerranée. La Turquie fait donc office de gazoduc naturel pour l’Etat israélien. Politiquement, cette alliance doit permettre de lutter plus efficacement contre l’Etat islamique, espère l’ONU, tandis que les Américains y voient « un important signal d’espoir pour la stabilité » au Moyen-Orient. La normalisation intervient alors qu’Israël a promis de verser 20 millions de dollars aux familles des Turcs morts lors de l’assaut maritime de 2010. Reste que ce rapprochement inquiète du côté palestinien. Recep Erdogan s’est voulu rassurant, et s’est entretenu avec le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ainsi qu’avec le chef du Hamas, Khaled Mechaal. Si Erdogan avait exigé, en plus des excuses pour l’assaut contre le Mavi Marmara et d’une indemnisation des familles de victimes, la levée du blocus de Gaza, Netanyahu a catégoriquement refusé, assurant qu’il s’agissait d’un point sur lequel il « n’était pas prêt à renégocier. »

Yassine Bannani

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