Plusieurs mois après sa libération de détention administrative, Salah Hamouri pourrait perdre son statut de résident permanent à Jérusalem-Est, sur demande de la ministre israélienne de l’Intérieur.

L’Etat hébreu aura utilisé tous les recours possibles… ou presque ! Après l’avoir menacé d’expulsion, après une détention administrative qui a duré trop longtemps, Salah Hamouri est toujours dans la ligne de mire d’Israël. Cette fois, la ministre israélienne de l’Intérieur Ayelet Shaked a en effet appelé de ses vœux l’avocat et militant pro-palestinien à quitter le sol de l’Etat hébreu. Pour ce faire, la ministre souhaiterait révoquer le statut de résident permanent à Jérusalem de Salah Hamouri.

Une technique qui ne serait pas une première. En effet, bien qu’ils y soient nés, les Palestiniens vivant à Jérusalem-Est sont, depuis l’annexion de cette partie de la ville par Israël en 1967, considérés comme des « résidents permanents ». Ils doivent donc posséder un permis de résidence pour y vivre et sont donc à la merci des autorités israéliennes.

Des mesures arbitraires

La révocation du statut de résident permanent est une arme régulièrement utilisée par le ministère israélien de l’Intérieur. Depuis l’annexion illégale de Jérusalem-Est, on compterait en effet plus de 14 500 Palestiniens qui auraient perdu ce statut. Pour en arriver à rendre indésirables les opposants, les autorités de l’Etat hébreu s’appuient sur l’amendement du 7 mars 2018 à la loi sur l’entrée en Israël. Celui-ci indique en effet que tout contestation de la politique israélienne équivaut à une « rupture de loyauté envers l’Etat d’Israël ». Et la trahison coûte cher.

Pour Salah Hamouri, la ministre de l’Intérieur estime qu’il rentre dans cette catégorie. « Les actions de Salah Hamouri constituent une violation grave de l’engagement fondamental d’un citoyen israélien et, en raison de cet abus de confiance, la révocation de sa citoyenneté est légalement justifiée », a indiqué Ayelet Shaked, qui en appelle désormais au ministre de la Justice et au procureur général.

Cette révocation est une arme aussi redoutable que les détentions administratives, dont Salah Hamouri a fait les frais ces dernières années. Cette pratique arbitraire permet à l’armée israélienne ou à la police d’arrêter quiconque lui déplait sans avoir à avancer une quelconque raison légale. Rien qu’à la fin de l’année 2016, on comptait plus de 700 Palestiniens dans ce cas, détenus dans les prisons israéliennes sans accusation ni procès.

Salah Hamouri a déjà été emprisonné dans ce cadre plusieurs années. Sa dernière libération remonte à septembre 2018, après un long combat engagé par son épouse et son comité de soutien. L’avocat a ensuite échappé à une tentative d’enlèvement le 20 mai 2020, semble-t-il par des agents israéliens.