Le gouvernement de l’État hébreu a approuvé, dimanche 26 décembre, un plan, visant à doubler le nombre de colons, dans le Golan occupé. 7300 unités de logement sont prévues, dans les cinq années à venir, en violation du droit international et de la résolution 497 du Conseil de sécurité.

Le plateau du Golan est un territoire syrien, annexé unilatéralement par Israël en 1981. La puissance occupante a refusé de rétrocéder cette zone stratégique à la Syrie, avec laquelle les rapports sont toujours conflictuelles. Alors que le droit international, l’Organisation des Nations-Unies et la communauté internationale (sauf les États-Unis) ne reconnaissent pas la souveraineté israélienne sur ce plateau, l’État hébreu poursuit son occupation illégale.

Dans un communiqué, le Premier ministre israélien, Naftali Bennett a annoncé « Le gouvernement a voté en faveur d’un plan inédit d’investissement dans le Golan afin d’y doubler la population israélienne ». Le coût de cette colonisation illégale s’élève à 280 millions d’euros. Ainsi, Israël entend construire 7300 unités de logement dans les cinq années à venir, dans les colonies déjà existantes. Deux nouvelles colonies doivent également voir le jour, accueillant 6000 logements.

Le Golan, un territoire aux multiples enjeux

Le plateau du Golan, dont Israël revendique encore aujourd’hui la souveraineté, est à l’origine un territoire syrien, annexé illégalement après la guerre du Kippour, en même temps que le Sinaï. L’Égypte a récupéré le Sinaï après la signature d’un accord de paix en 1994, alors que le Golan demeure toujours sous occupation.

L’État hébreu clame sa souveraineté sur le territoire du Golan, reconnue par Donald Trump. Les États-Unis sont le seul pays à la reconnaître, alors que la communauté internationale condamne cette occupation. Contrairement à la Cisjordanie palestinienne, le Golan ne revêt aucune dimension religieuse pour les juifs. En réalité, il constitue un véritable atout militaire, où Israël a installé une station d’écoute, à une soixantaine de kilomètres de Damas.

Mais derrière la maîtrise du plateau, c’est le contrôle des ressources en eau douce qu’Israël convoite. Sa valeur stratégique est hydraulique, dans la mesure où il fournit 35% environ de l’approvisionnement en eau douce à Israël. Deuxième plus grande réserve d’eau dans le Proche-Orient, le Golan garantit l’existence même d’Israël, qui est à 60% un territoire désertique.

Ainsi, la colonisation illégale et l’impérialisme de l’État hébreu sont motivés par les ressources naturelles du Golan. L’extension des colonies illégales est le moyen de maintenir cette zone sous occupation, et cela malgré les condamnations de la communauté internationale. Israël ne recule devant rien, pour obtenir les territoires des pays voisins et asseoir sa légitimité. Tant que cet État poursuivra dans son approche barbare, le Moyen-Orient sera toujours en proie aux conflits, même après certaines normalisations des relations diplomatiques.