« Demain, cela pourrait être votre fille ! » Voilà le message que l’on peut lire sur certaines affiches électorales à Ramla. Le Foyer juif, le parti du ministre de l’Education Naftali Bennett, y est en campagne comme d’autres formations politiques de la ville. Le candidat du Foyer juifà la mairie a décidé de surfer sur un thème semble-t-il anxiogène : les mariages mixtes.

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Les affiches anti-métissage fleurissent donc dans les rues de Ramla. Cette ville israélienne est pourtant souvent prise comme exemple en ce qui concerne la cohabitation entre juifs et musulmans : Ramla regroupe en effet 80 % de juifs et 20 % d’Arabes, en majorité musulmans.

Les mariages interreligieux sont interdits en Israël. Mais la conversion peut permettre de passer outre cette interdiction. Selon les statistiques, seuls 5 à 10 % des couples israéliens sont issus de religions différentes, les couples judéo-musulmans ne représentant que 0,03 % de la population totale du pays.

Mais les mariages mixtes font peur. En début d’année, Times of Israel racontait comment les rabbins orthodoxes tentent de contrôler les unions en Israël et font désormais des vérifications drastiques concernant la judéité des couples en envoyant les futures mariés, principalement s’ils sont étrangers, devant des tribunaux rabbiniques.

Rien de nouveau sous le soleil d’Israël : en 1972 déjà, la Première ministre Golda Meir mettait en garde les juifs américains contre « les dangers de l’assimilation et des mariages mixtes. » « Êtes-vous certains que vos enfants et petits-enfants resteront juifs ? », demandait-elle alors lors d’une conférence de la Zionist Organization of America. Une question qui n’est pas sans rappeler le slogan du candidat à la mairie du Foyer juif à Ramla.

© Photo : Edo Konrad (Twitter)