Hier soir, Benjamin Netanyahu a ordonné la construction de la première colonie en territoires occupés depuis quasiment vingt ans. A cette fin, le Premier ministre avait convoqué le Service de Sécurité intérieur – qui rassemble les ministres clés du gouvernement – pour l’informer des difficultés rencontrées lors des négociations en cours avec l’administration de Donald Trump, au sujet de la limitation de l’expansion des colonies. A l’unanimité, la décision de construire une nouvelle colonie a été prise par les ministres du Service. « J’ai fait la promesse que nous aurons une nouvelle implantation, et nous allons la tenir », a commenté Netanyahu à la presse réunie à Jerusalem. Cette « promesse » date du 2 février dernier, après que les forces de sécurité du pays ont procédé à l’exclusion de 40 familles extrémistes retranchées dans la colonie « non autorisée » d’Amona.

« Jour de la Terre »

En mettant à exécution son engagement à les reloger dans une nouvelle colonie en Cisjordanie, au nord d’Amona, le chef de l’exécutif israélien lève un moratoire en place depuis 1999 sur la création de colonies. Jusqu’à présent, il s’était limité à encourager l’extension de villes existantes et à tolérer l’apparition d’une centaine de colonies « sauvages », comme celle d’Amona. Il bafoue surtout, et en toute impunité, les règles de droit international, qui considèrent comme illégale la colonisation de l’Etat hébreu des territoires occupés selon les frontières définies depuis la guerre de 1967. Outre les 40 familles concernées, la décision de Netanyahu vise davantage à contenter ses alliés de la coalition gouvernementale, affiliés au mouvement Foyer Juif : cette formation, bien introduite auprès des colons israéliens de Cisjordanie et de Jerusalem-Est, avait menacé de retirer son soutien au parlement et de bousculer de fait le calendrier électoral. Le Premier ministre compte également sur la clémence et l’assentiment de fait de la présidence américaine, la plus favorable à l’Etat d’Israël depuis sa création. Trump à peine investi, Benjamin Netanyahu avait donné le coup d’envoi à la construction de plus de 6000 logements dans des colonies des territoires palestiniens. Où s’arrêtera Netanyahu ? Nul ne le sait, d’autant que l’homme ne s’interdit aucune initiative. Ni l’humour noir : le feu vert à la construction de la colonie a été donné le « Jour de la Terre » célébré tous les 30 mars par les Palestiniens…