L’agence de presse officielle palestinienne Wafa a de son côté qualifié la décision de « nouveau vol », citant le président palestinien Mahmoud Abbas qui avait affirmé que l’Autorité palestinienne maintiendrait le versement de ces allocations.

En octobre, des responsables des deux gouvernements avaient annoncé que l’Autorité palestinienne devait toucher 1,5 milliard de shekels (environ 400 millions d’euros) en transfert de taxes dues par Israël, au titre de la TVA et des droits de douane prélevés sur les produits importés par les Palestiniens.

L’Etat hébreu avait affirmé qu’il prélèverait une partie de ces taxes sans donner une somme précise.

Mais « le cabinet restreint de sécurité a voté en faveur de la demande du ministre de la Défense Naftali Bennett de geler la somme de 150 millions de shekels de taxes versées à l’Autorité palestinienne », a indiqué dimanche le ministère israélien de la Défense dans un communiqué.

Ce montant correspond « aux sommes versées par l’Autorité palestinienne aux terroristes blessés et aux familles des +martyrs+ », a affirmé le ministère, en référence aux Palestiniens ayant commis des attaques contre des Israéliens.

Israël estime que ces allocations encouragent la violence et avait déjà suspendu en février le versement d’une partie des taxes.

En réponse, M. Abbas avait décidé de n’accepter aucun versement israélien tant qu’il serait incomplet, privant ainsi sa propre administration de centaines de millions d’euros.

Etablie en Cisjordanie occupée, l’Autorité palestinienne avait alors été forcée d’imposer des mesures d’austérité, en coupant de près de moitié le versement des salaires de ses employés.

Ces mesures ont porté un coup dur à une économie déjà minée par un chômage avoisinant 30% dans les Territoires palestiniens, selon la Banque mondiale.

Des tensions avec Washington avaient aggravé la crise budgétaire de l’Autorité.

L’an dernier, le gouvernement américain a coupé plus de 500 millions de dollars d’aides diverses, après le gel par M. Abbas des relations avec l’administration du président Donald Trump pour protester contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Evoquant la crise des transferts de taxes et les coupes de l’aide américaine, la Banque mondiale avait qualifié en avril « d’intenable » la situation économique dans les Territoires palestiniens.