Entre l’Unesco et Israël, le torchon brûlait depuis bien longtemps déjà. En mai dernier, une résolution de l’organisation internationale avait rejeté la souveraineté de l’Etat hébreu sur Jérusalem-Est. L’Unesco avait également demandé qu’Israël mette fin aux fouilles archéologiques dans cette partie de la ville. Pour l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, « cette décision déformée et les tentatives de nier les liens entre Israël et Jérusalem ne changeront pas le fait que Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif. » Aujourd’hui, un nouvel épisode vient montrer les tensions qui existent entre l’Etat hébreu et l’Unesco, avec un troisième acteur : les Etats-Unis. Ces derniers ont décidé de quitter l’organisation internationale jugée « anti-israélienne. » La menace pesait sur l’Unesco depuis longtemps après que cette dernière avait indiqué vouloir inscrire la ville de Hébron au patrimoine mondial. Washington restera encore cependant encore un peu plus d’un an à l’Unesco, puisqu’il faudra attendre le 31 décembre 2018 pour que le retrait soit effectif. 

Israël s’inquiète de voir un Qatari à la tête de l’Unesco avant de claquer la porte

Mais Washington ne reviendra pas sur cette décision, affirmant que cette dernière « n’a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants. » Mais cette annonce est symbolique alors que se déroule actuellement l’élection pour la direction générale de l’Unesco, qui a vu le Qatar et la France terminer en tête, à égalité, du troisième tour de scrutin. Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari et Audrey Azoulay se disputent actuellement la direction de l’organisation internationale. Si le Qatar venait à gagner l’élection, ce serait un signal fort envoyé à Israël qui continue de s’isoler sur la scène internationale tout en faisant face à un mouvement de boycott grandissant . Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur d’Israël devant l’UNESCO, a déploré les résultats du scrutin — dont un quatrième tour aura lieu demain. Il indique que, si l’ancien ministre qatari de la Culture venait à être élu, ce serait « une mauvaise nouvelle pour l’organisation et, malheureusement aussi, de ce fait, pour Israël. »