De nombreux escrocs français se réfugient en Israël. C'est le cas de Gilbert Chikli ou encore des accusés de l'arnaque à la taxe carbone.

Des escrocs européens profitent, sur le sol israélien, de la non-coopération des autorités locales qui refusent d’extrader les personnes suspectées de fraudes à grande échelle.

Les liens entre le Premier ministre israélien Netanyahu et Arnaud Mimran, « l’escroc du siècle », ont amené la presse à se pencher sur la capacité de l’Etat israélien à accueillir de nombreux Européens suspectés d’arnaques financières. Libération indique d’ailleurs que six des personnes inculpées dans la vaste escroquerie de la taxe carbone étaient absentes du procès, réfugiées en… Israël. Mais, rappelle le quotidien français, ces supposés escrocs ne sont pas les seuls à bénéficier du manque de coopération de l’Etat hébreux, qui rechigne aujourd’hui à extrader les accusés de fraudes vers la France — une centaine de dossiers d’extradition seraient toujours en attente —. Rappelons notamment que le hacker Ulcan s’est attaqué à plusieurs médias français et que les autorités israéliennes ont mis de nombreuses semaines avant d’accepter de l’auditionner dans le cadre d’une enquête française. Sans suite.

Une arnaque au Forex qui a rapporté 4 milliards d’euros

Libé rappelle que c’est bien souvent de l’Etat hébreux que démarrent bon nombre d’escroqueries, comme les « arnaques au président », qui permettent à des usurpateurs de récupérer les fonds de petites sociétés. S’il est parfois difficile de trouver le responsable d’une arnaque, force est de constater que, pour celle-ci, le coupable est désigné en la personne de Gilbert Chikli — un film a été consacré à son histoire —. Ce dernier vit, sur le sol israélien, une vie de Pacha. Villa à Ashdod, piscine, jacuzzi et garde rapprochée… Libé décrit la vie de rêve de celui qui est pourtant condamné dans l’Hexagone à sept ans de prison et à un million d’euros d’amende. C’est donc dans sa prison dorée d’Ashdod que l’homme purge sa peine, libre d’aller et de venir comme il le souhaite.

Et les « arnaques au président » ne sont pas les seuls à être nées en Israël. Le quotidien cite notamment l’affaire de l’OM : deux faux agents de joueurs avaient obtenu un virement de 700 000 euros. Ceux-ci ont finalement été arrêtés. D’autres ont tenté de se faire passer pour le ministre français de la Défense pour obtenir des virements de la part de dirigeants africains. Des magouilles parmi tant d’autres qui ont été arrêtées par la police israélienne. Une justice en trompe-l’œil : alors que quelques petits escrocs croupissent en prison, de faux traders ont, eux, pignon sur rue. Une fausse société de conseil financier, qui emploie 3 000 personnes, aurait déjà arnaqué des badauds à hauteur de… 4 milliards d’euros en six ans !

Yassine Bannani

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