La question du statut d’observateur de l’État hébreu, posée à l’ensemble des États membres, attise les tensions, à la veille de cette rencontre.

C’est un moment décisif pour Israël, et une « formalité » pour plusieurs observateurs israéliens, qu’est le vote du statut d’observateur à l’Union africaine. L’État hébreu est confiant, et peut compter sur ses nouveaux soutiens africains, pour plaider sa cause. C’est sans compter sur le rempart érigé par l’Algérie et l’Afrique du Sud, qui défendent bec et ongle la cause palestinienne, et refusent de voir Israël au sein de l’organisation panafricaine.

Accordé en juillet dernier par le président tchadien de la Commission de l’Union africaine, le statut d’observateur d’Israël a créé une polémique sans précédent parmi les membres de l’Union. Moussa Faki Mahamat n’a pas eu d’autre choix que de rétropédaler, suite à la dénonciation d’une vingtaine d’État membres.

Le vote de l’accord de cette accréditation à Israël tranchera définitivement la question. Un scrutin à majorité simple, qui réserve sans nul doute des surprises. Si le statut d’observateur est accordé, cela mettrait fin à vingt ans d’absence parmi les partenaires extérieurs accrédités par l’Union africaine.

L’activisme diplomatique algérien et sud-africain

Si la Palestine avait des racines en Afrique, elle les trouverait auprès de l’Afrique du Sud et de l’Algérie. Des soutiens inconditionnels et historiques pour la libération du peuple palestinien, de la colonisation illégale de l’État d’Israël. Les deux États membres de l’Union, mènent une campagne conjointe très active, pour écarter une bonne fois pour toutes, le retour d’Israël au sein de l’institution panafricaine.

La percée israélienne sur le continent est vue comme une menace par un noyau d’États africains. En effet, tant que la Palestine ne sera pas libre, il est inenvisageable pour eux, de laisser un colon comme Israël, accéder aux instances de décisions africaines. De plus, les exactions commises par l’État hébreu contre le peuple palestinien alimente ce sentiment de défiance et pour cause. Israël multiplie les tentatives pour s’accaparer les terres palestiniennes en dépit des condamnations internationales et onusiennes. L’Afrique du Sud, qui a connu l’apartheid, se refuse de voir un autre peuple subir cela.

Bien qu’optimistes quant au vote du Conseil exécutif, les dirigeants israéliens ont quand même mené une approche de séduction. Naftali Bennett s’est entretenu avec le président Macky Sall la semaine dernière. Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid, a de son côté, échangé avec ses homologues du Togo et du Burundi.

Mouammar Kadhafi avait évincé Israël en 2003 de l’Union africaine. L’Algérie et l’Afrique du Sud ont repris le flambeau, pour défendre l’héritage palestinien en Afrique. C’est contre l’impérialisme, la colonisation illégale, la spoliation et les entorses aux droits et libertés des Palestiniens, que des voix contre Israël s’élèvent. C’est au nom de la liberté, qu’Israël ne doit pas obtenir son statut d’observateur au sein de l’Union africaine.