Israël a soutenu la demande faite par le Canada au Conseil des Droits de l’Homme pour demander à la Chine d’autoriser les observateurs internationaux à venir au Xinjiang.

C’est non sans un certain culot qu’Israël a rejoint une quarantaine d’autres pays du Conseil des Droits de l’Homme pour demander à la Chine d’autoriser « un accès immédiat, significatif et sans entrave » à des observateurs indépendants pour visiter le Xinjiang. L’Etat hébreu soutient ainsi la mesure prise par le Canada au CDH, dans le dossier des Ouïghours. La Chine est accusé d’avoir organisé une répression brutale, que l’on peut définir comme un nettoyage ethnique voire un génocide, contre les Ouïghours.

Une position étonnante quand on sait l’aversion d’Israël pour l’instance internationale. En effet, il y a moins d’un mois, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé de créer une commission d’enquête internationale indépendante pour travailler sur les violations commises en territoire palestinien occupé, et notamment à Jérusalem-Est. Pour Michelle Bachelet, la Haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, les frappes israéliennes à Gaza pourraient en effet constituer des crimes de guerre.

Alors, comment le Canada a-t-il pu convaincre Israël de le soutenir dans sa démarche ? L’administration Biden aurait fait pression sur le régime israélien pour qu’il apporte sa voix à la demande faite à la Chine. Jusque là, l’Etat hébreu n’avait jamais dérogé à son principe de soutenir, au moins en silence, la Chine.

Le Canada affirme avoir des « informations crédibles » attestant la thèse de la déportation d’un million de Ouïghours détenus arbitrairement dans des camps de travail forcé. Certains d’entre eux subissent des actes de torture. Ce que Pékin nie fermement, même si la Chine a déjà avoué avoir mis en place des camps de « formation professionnelle » et de déradicalisation.

Entre la Chine et les Etats-Unis, Israël a donc choisi son camp. La décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu a dû peser dans la balance. La Chine a bien demandé à Tel-Aviv de ne pas soutenir la demande canadienne, mais les Etats-Unis ont eu gain de cause. Cependant, Israël s’est bien gardé de publier une quelconque déclaration publique sur ce son soutien à l’appel du Conseil des droits de l’homme.

Si la Chine rappelle, en riposte, que « historiquement, le Canada a volé les terres des peuples autochtones, les a tués et a éradiqué leur culture », elle ne se prononce pas encore sur l’implication d’Israël dans cette démarche. Il sera intéressant de voir si Pékin va ou non rappeler qu’Israël a colonisé une bonne partie de la Palestine et parlera des crimes de guerre commis par l’Etat hébreu.