Mise à jour, le mercredi 6 mars 2019 à 18h25 : La commission électorale israélienne a finalement validé ce mercredi la candidature de ce concurrent d’extrême droite aux législatives, qui pourrait entrer au Parlement grâce à une manoeuvre très critiquée du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le procureur général israélien a demandé la disqualification, pour « incitation au racisme » anti-arabe, d’un candidat d’extrême droite aux législatives, qui pourrait entrer au Parlement grâce à une manoeuvre très critiquée du Premier ministre Benjamin Netanyahu, indique un communiqué.

La commission électorale commence à débattre ce mercredi et jusqu’à dimanche des recours intentés contre les candidatures. Elle n’est pas liée par l’avis du procureur général. Les décisions de la commission sont ensuite susceptibles de recours devant la Cour suprême.

Le candidat en question, Michael Ben-Ari, du parti Force juive, est l’un des grands bénéficiaires potentiels d’une alliance forgée en février à l’instigation du Premier ministre pour conforter ses chances d’être reconduit après les législatives du 9 avril.

A l’initiative de M. Netanyahu, deux partis religieux nationalistes ont accepté de faire de la place sur leur liste à des candidats de Force juive, dont M. Ben Ari.

Le parti Likoud (droite) du Premier ministre n’est pas directement partie prenante à l’alliance. Mais celle-ci a suscité la réprobation en Israël et à l’étranger, et de la part de rabbins et de puissantes organisations juives, inquiètes que M. Netanyahu n’ouvre les portes du Parlement à un parti largement considéré comme anti-arabe et raciste.

Il s’agissait pour M. Netanyahu de renforcer ses chances de former une coalition après les élections.

Le procureur général Avichaï Mandelblit a estimé dans un communiqué publié tard mardi que la candidature de M. Ben-Ari devait être invalidée. M. Ben Ari a qualifié les Arabes israéliens de « traîtres et meurtriers », ce qui constitue une « incitation au racisme », dit le magistrat.

Force juive a dénoncé « l’hypocrisie » des positions du procureur général, l’accusant de ne pas demander l’invalidation des listes arabes comme le réclame notamment M. Ben-Ari.

Les Arabes israéliens représentent 17,5% de la population.

« Ben-Ari incite à la haine contre la population arabe sur des fondements ethniques et nationalistes », dit le magistrat. M. Ben Ari « appelle à une dénonciation violente des droits de la population arabe », dit-il.

M. Ben-Ari figure en cinquième position sur la liste et, selon les sondages, a des chances d’être élu député.

Des adversaires de M. Netanyahu ont saisi la commission électorale contre les candidats de Force juive.

Les responsables de Force juive sont des disciples du rabbin américano-israélien Meïr Kahane, avocat jusqu’au-boutiste des causes juives et fondateur du parti anti-arabe Kach, entré au Parlement après les élections de 1984 mais interdit de participer aux élections de 1988 parce que considéré comme raciste.