Le Haut comité de planification de l’Autorité civile israélienne a donné son aval à la construction de ces logements lors d’une rencontre le 10 octobre, mais les détails n’avaient pas filtré jusque-là, a indiqué jeudi dans un communiqué l’organisation israélienne Peace Now, qui a pu consulter le compte-rendu de cette réunion.

Les autorités ont notamment approuvé la construction de 182 unités dans l’ancienne colonie sauvage de Mevoot Yericho, près de Jéricho en Cisjordanie, qui avait été légalisée –dans le droit israélien– par le gouvernement de M. Netanyahu, deux jours avant les élections législatives de septembre.

Les colonies sont toutes illégales au regard du droit international.

Le Premier ministre –dont la survie politique est menacée après des élections n’ayant pas fait de vainqueur clair et qui courtisait l’électorat des colonies israéliennes lors de ce scrutin– avait promis d’annexer l’essentiel de la vallée du Jourdain s’il était reconduit dans ses fonctions.

Les autorités israéliennes ont aussi donné le feu vert à la construction de 382 unités de logement à Dolev, une autre colonie en Cisjordanie occupée, validant ainsi une annonce faite sur place par M. Netanyahu après le meurtre en août d’une jeune Israélienne dans une attaque à la bombe artisanale.

Ces nouvelles annonces portent ainsi à 8.337 le nombre d’unités de logement approuvées dans les colonies israéliennes en Territoires palestiniens depuis le début de l’année, soit une augmentation de 48% en un an, d’après un calcul réalisé par l’AFP à partir des données de Peace Now, une ONG qui suit de près ce dossier épineux.

Outre ces unités, les autorités israéliennes ont approuvé plus tôt cette semaine la construction d’un tunnel routier contournant Bethléem, « ce qui devrait augmenter significativement » le nombre de colons s’installant autour de cette ville palestinienne située en banlieue de Jérusalem, en Cisjordanie occupée.

– Appui de Trump –

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967.

Plus de 600.000 colons israéliens sont installés sur ces territoires où vivent près de trois millions de Palestiniens.

La colonisation s’est accélérée ses dernières années sous l’impulsion du Premier ministre Netanyahu et de son allié à Washington, le président Donald Trump.

Ce dernier a infléchi sa politique régionale en faveur d’Israël, en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu et en coupant des fonds destinés aux Palestiniens. Les Palestiniens espèrent établir à Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Selon les données compilées par Peace now, le nombre d’unités de logements approuvées dans les colonies depuis que Donald Trump est président des Etats-Unis, a presque doublé (+90%).

Elles sont passées en moyenne de 3.635 unités par an dans les trois années précédant sa mandature à 6.899 par an en moyenne depuis son arrivée à la Maison Blanche.

M. « Netanyahu continue de saboter la possibilité d’un accord politique avec les Palestiniens en faisant la promotion d’unités de logement dans les colonies en Cisjordanie, y compris dans des endroits qu’Israël devrait avoir à évacuer en cas d’accord futur », a commenté l’ONG.

La solution à deux Etats prévoit l’établissement et la reconnaissance d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Or l’expansion des colonies en Territoires palestiniens rend de plus en plus incertaine une telle solution.

Le futur politique de M. Netanyahu, défenseur des colonies, demeure toutefois en suspens après avoir échoué à former un gouvernement à l’issue des élections de septembre.

Son rival Benny Gantz, ancien chef de l’armée à la tête du parti centriste Kahol Lavan (« Bleu-blanc »), a maintenant jusqu’au 20 novembre pour former de former un gouvernement, sans quoi le pays pourrait marcher vers une 3e élection en moins d’un an, avec à la clé de possibles nouvelles promesses pour les colons.