Un tag islamophobe a été découvert sur la palissade du chantier de la mosquée de la Meinau, à Strasbourg. 

A l’heure des discussions sur la dissolution de Génération identitaire, l’extrême droite continue à avancer à visage couvert. Lundi soir, sur le chantier d’une mosquée à Strasbourg, un tag islamophobe a été découvert. « Non à l’islam ça va au bled », peut-on lire sur l’inscription faite sur la palissade du chantier.

Depuis plusieurs années, la mosquée Eyyûb Sultan est en construction, du côté de la Meinau. La première pierre de l’édifice a été posée en octobre 2017 et l’association turque qui gère le futur lieu de culte a bien du mal à boucler son budget, estimé à 32 millions d’euros.

Ce mardi matin, le tag a été recouvert. Mais cet acte attriste la population locale. Il s’agit d’« un acte islamophobe qui n’a pas sa place à Strasbourg ni partout ailleurs en France et dans le monde », a déclaré Abdelkarim Ramdane, adjoint à la mairie de Strasbourg en charge de l’Etat civil.

Un tag qui n’est pas anodin, selon l’élu : ce « message de haine et de rejet » n’est, indique l’adjointe, « que le reflet du climat antimusulman qui règne en France ».

Ce que confirme la mosquée sur les réseaux sociaux. « Cet incident reflète le climat délétère que traverse la France aujourd’hui. En effet, la banalisation des propos ciblant les musulmans dans les discours médiatiques désinhibe les ennemis du vivre-ensemble », peut-on lire sur la page Facebook de l’association.

Tout un symbole, d’autant que la Confédération islamique Milli Gorus, qui gère ce qui doit être la plus grande mosquée d’Europe, avait refusé de signer la charte des imams imposée par l’Etat français. Gérald Darmanin avait alors menacé à demi-mots les responsables du lieu de culte.

Ces derniers mois, plusieurs actes islamophobes ont touché des mosquées, parmi lesquels des tags sur la mosquée de Tarbes et sur celle de Beaucaire, ou encore une tentative d’incendier un lieu de culte à Lyon.