Pour la LICRA, l'Islamophobie est une simple critique de l'Islam, quand la judéophobie est une sorte de racisme contre les juifs.

Il y a deux jours, la LICRA a tenu à différencier islamophobie et judéophobie. Une affirmation inquiétante qui tend à classer les racismes sur une échelle de la gravité.

C’est l’histoire d’un community manager un peu cavalier et d’une association qui lutte contre les « propos racistes ou antisémites tenus dans la presse, à la télévision et à la radio. » Le combat de la LICRA n’est plus à rappeler : créée avant la Seconde guerre mondiale, l’association a combattu avec force le nazisme. Oui, mais voilà, le 5 juillet, elle s’est fendue d’un tweet différenciant islamophobie et judéophobie.

Une définition étonnante de l’islamophobie. Car si la judéophobie existe bien en France et ailleurs, l’islamophobie est loin de ne viser que la religion. Preuve en est avec la hausse de 500 % des actes antimusulmans au 1er trimestre 2015. Que la notion d’islamophobie puisse se discuter en droit passe encore. Mais comment une association antiracisme peut-elle donner sa propre définition, quand le Larousse précise que l’islamophobie est une « hostilité envers l’islam, les musulmans » et une « forme particulière de haine dirigé contre l’islam et les musulmans qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins » pour Le Petit Robert ?

Pour la LICRA, l’islamophobie constitue une critique de l’Islam

Pour l’association d’Alain Jakubowicz, « l’utilisation du terme « islamophobie » a induit une dérive dramatique dans la lutte contre le racisme en institutionnalisant l’idée absurde que critiquer une religion constitue un acte de racisme », pouvait-on lire dans un communiqué en 2010. La critique, si elle est bien formulée, est toujours constructive. Mais comment – aussi bien sémantiquement que contextuellement – peut-on faire passer l’idée que l’islamophobie n’est qu’une « critique » de l’Islam ? Si la LICRA s’est excusée de la forme de son tweet – la façon de parler coloniale –, elle persiste sur le fond. Dommage, une association qui dénonce les discriminations devraient mettre au même niveau judéophobie et islamophobie. Comme en Grande-Bretagne, par exemple.

Sur Twitter, la Licra me répond en « petit nègre » : des propos malvenus et inquiétants (ici)

Yassine Bannani

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