7 Français sur 10 pensent qu’il existe en France un problème d’« islamogauchisme ». Une tendance due au matraquage médiatique et aux propos de la ministre de l’Enseignement supérieur.

La recette de la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal peut être enseignée dans les écoles de marketing. Car la membre du gouvernement de Jean Castex a réussi ce dont rêvent tous les publicitaires : créer un besoin chez ses « clients ».

A l’approche de la présidentielle de 2022, nul doute que le débat se déplacera sur le terrain de l’islam. Les dernières sorties de Gérald Darmanin et les discussions sur la loi « séparatisme » montrent que La République en Marche compte conquérir ses électeurs sur un terrain très, très à droite. Quitte à concurrencer le Rassemblement national de Marine Le Pen.

Et pour chasser sur les terres du RN, rien de mieux que de créer un problème qui n’existe pas… en lien bien sûr avec les musulmans. La méthode est simple : envoyer une ministre à la télévision pour s’émouvoir d’un problème de taille. Puis utiliser un concept indéfinissable, qui permet de mettre toute une catégories de personnes qui dérangent dans le même sac. Enfin, faire comme si ce faux problème était bien réel. « L’islamogauchisme gangrène la société dans son ensemble et l’université n’est pas imperméable », a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur.

De quoi lancer un débat national, avec l’aide des médias, qui ne se sont pas faits prier pour relayer ce terme d’« islamogauchisme » dans toutes leurs émissions. Dernière étape : la vérification de l’efficacité de la recette. Un sondage Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo et Le Figaro permet de voir à quel point les Français sont désormais d’accord avec l’indigeste soupe servie par Frédérique Vidal et par les médias.

Selon les résultats de ce sondage, ils sont en effet près de 7 Français sur 10 à estimer qu’il existe aujourd’hui en France un problème d’« islamogauchisme ». Et plus elles sont à droite, plus les personnes interrogées sont de cet avis : pour les sympathisants RN, LR ou LREM, ils sont environ 8 sur 10 de cet avis. Cela descend à 6 sur 10 pour le PS, un peu moins pour les Ecologistes.

Ce qui est assez remarquable dans ces résultats, c’est que les propos de la ministre de l’Enseignement supérieur concernent surtout l’université. Or, ce sont les Français de plus de 65 ans qui sont, en grande majorité, d’accord avec elle. Là où les principaux intéressés, les jeunes de 18 à 25 ans, sont moins de 50 %.