Opposé à une nouvelle loi contre le voile, Emmanuel Macron a tenu à rappeler, lors d'un meeting, que l'Islam n'était pas son ennemi.

Emmanuel Macron a fait son premier meeting pour son mouvement En marche!, où il a notamment été question d’Islam. Le ministre a voulu se détacher des propos de Manuel Valls.

Il veut être l’anti-Valls. Emmanuel Macron, qui avait lancé en début d’année son mouvement politique, s’est mis hier en marche avec son premier meeting. Le ministre de l’Economie a tenu à rappeler qu’il était « de gauche ». S’il veut se différencier de son Premier ministre, c’est notamment en choyant ses futurs électeurs musulmans qu’il a marqué un point. Là où Manuel Valls a pris en grippe l’Islam, Emmanuel Macron a décidé de mettre toutes les religions au même niveau. Alors que, dans un entretien avec Michel Houellebecq, il avait déclaré que « la vraie lutte se joue entre le capitalisme et les religions ». Il avait alors estimé que Manuel Valls faisait fausse route sur le voile. « Ce que certains écrivent sur le voile aujourd’hui rappelle les écrits sur les curés en soutane lors des débats sur la loi de séparation des Eglises et de l’État en 1905 », disait-il à l’écrivain.

Macron ne veut pas d’une loi contre le voile à l’université

Lors de son meeting, Emmanuel Macron a rappelé son opposition, sur ce sujet, au Premier ministre. S’il veut que « toutes les religions se conforment aux règles de la République », il a estimé qu’il ne fallait pas « inventer un nouveau texte pour aller chasser le foulard à l’université ». Macron demande : « La France a des racines judéo-chrétiennes, mais n’est-elle que ça ? » Avant d’ajouter : « Il y a des athées, des catholiques, des protestants, des juifs, des musulmans, tous Français dans les règles de la République. L’identité française, ce n’est jamais étriqué ». A ceux qui prennent pour ennemi l’Islam, Emmanuel Macron a rappelé : « Nous avons un ennemi, une menace, Daesh, mais cela, ce n’est pas l’Islam ».

Lors d’un entretien avec un journaliste du « Petit Journal », le ministre de l’Economie avait estimé que, « quand vous avez un prénom qui n’est pas Martin ou Emmanuel, c’est plus difficile d’avoir un job. (…) Si vous vous appelez Youssef ou Ibrahim dans notre pays, c’est beaucoup plus dur », affirmait-il. En février, il avait mis en pratique cette petite phrase en organisant, à Bercy, une rencontre entre diplômés issus de la diversité en recherche d’emploi et entreprises. Emmanuel Macron avait déclaré : « Il faut tenir la promesse républicaine, combattre la discrimination. (…) On a trop promis, on a simplement à montrer, à faire, et peut-être que la jeunesse croira à nouveau… »

Pierre Z. Lajarge

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