La haute instance judiciaire doit rendre d’ici au 17 novembre un jugement très attendu sur la répartition d’un terrain de 1,1 hectare situé dans l’État d’Uttar Pradesh (nord). Des groupes hindous clament que cet endroit, où se dressait jusqu’en 1992 une mosquée du XVIe siècle, est le lieu de naissance du dieu Ram et veulent y construire un temple à son honneur.

Ce dossier politico-religieux explosif oppose depuis des décennies hindous et musulmans et est l’un des plus sensibles du géant d’Asie du Sud. Il a provoqué par le passé les pires violences de masse depuis la Partition de 1947.

« Des milliers de membres des forces de sécurité de différentes agences ont été déployés dans et autour d’Ayodhya. Des véhicules supplémentaires, des caméras de surveillance, des micro-caméras et des drones ont également été amenés », a déclaré à l’AFP Ashish Tiwari, un haut responsable de la police d’Ayodhya.

Pour éviter la propagation de rumeurs ou de messages inflammatoires, « nous avons enrôlé 16.000 volontaires numériques de 1.600 villages de la région pour aider à suivre les réseaux sociaux et signaler tout contenu sensible », a-t-il ajouté.

Les autorités attendent un million de pèlerins en début de semaine prochaine pour un bain rituel dans la rivière Saryu, qui passe dans la région. « Nous devons simplement rester en alerte et attentifs à la sécurité des pèlerins en visite », a indiqué Anuj Kumar Jha, responsable administratif du district.

D’après des groupes hindous, l’empereur musulman Babur a bâti la mosquée Babri à Ayodhya en rasant un temple ancien dédié à Ram, septième avatar du dieu préservateur de l’univers Vishnou. Les musulmans soutiennent qu’aucun temple n’a été détruit pour édifier la mosquée.

Alimentée dans les années 1980 par les nationalistes hindous, à l’époque dans l’opposition mais aujourd’hui au pouvoir, la campagne d’agitation autour d’Ayodhya avait culminé avec la destruction de la mosquée Babri par des zélotes hindous le 6 décembre 1992.

Plus de deux mille personnes avaient péri dans les émeutes intercommunautaires qui s’en étaient suivies.

Le panel de cinq juges de la Cour suprême doit déterminer la répartition de la propriété foncière du terrain. En 2010, un tribunal d’Allahabad en avait attribué deux-tiers aux hindous et un tiers aux musulmans.