Le port du hijab est au cœur d’une querelle communautaire. L’interdiction du hijab dans les collèges de l’État du Karnataka, dans le sud de l’Inde a provoqué un regain des tensions. La crispation s’est exacerbée entre la communauté musulmane et les nationalistes hindous.

Depuis le mois de janvier 2022, la région de Karnataka a vu un mouvement d’indignation apparaître, suite à la décision d’interdire le port du hijab. Les jeunes filles portant le voile ne peuvent plus accéder aux écoles dans cette région indienne. Elles manifestent depuis et luttent pour leurs droits et libertés.

Ces derniers mois, l’Inde a enregistré une montée en puissance des nationalistes hindous. Lors d’une rencontre, certains ont même appelé au génocide des musulmans indiens. Au pouvoir depuis plus de huit ans, le Bharatiya Janata Party (BJP) multiplie les discriminations envers les minorités musulmanes. Le parti œuvre activement à la marginalisation de cette communauté.

 

Vers une hindouisation de la société ?

Les personnalités hindoues au pouvoir intensifient les attaques contre les symboles de l’islam et les pratiques musulmanes. En d’autres termes, le parti au pouvoir cherche à imposer des valeurs hindoues, majoritaires, à la minorité musulmane. Alors que la Constitution indienne garantit la liberté religieuse, les musulmans voient de plus en plus, leurs droits et libertés violés. Pour l’activiste Afreen Fatima « Il s’agit d’une tentative massive du BJP d’homogénéiser la culture indienne, d’en faire un État exclusivement hindou » alors que « les femmes musulmanes sont isolées en Inde et la situation s’aggrave de jour en jour ».

 

En dépit des manifestations massives, sur toute le territoire indien, le BJP maintient l’interdiction du port du hijab dans le Karnataka. « Environ 13 d’entre nous ont été emmenés dans une pièce séparée parce que nous portions un foulard par-dessus l’uniforme de l’école » a déclaré une étudiante de l’école publique du Karnataka. Une autre a d’ailleurs précisé « Ils nous ont dit que nous ne pouvons pas passer l’examen pré embarquement si nous n’enlevons pas notre hijab. Nous avons répondu en disant : ‘Dans ce cas, nous ne passerons pas l’examen. Nous ne pouvons pas faire de compromis sur le hijab’ ».

 

Cette région est dominée par le parti au pouvoir. Ce dernier a redoublé d’efforts pour produire des lois, visant à protéger ou imposer le caractère hindou de la région. L’interdiction de la conversion a été actée et les mariages interconfessionnels sont très difficiles. L’Inde accuse le Pakistan d’instrumentaliser la question de l’islam. En réalité, le pays surfe sur une vague islamophobe, et justifie ces agissements, en brandissant la vieille rivalité avec le voisin pakistanais. La situation des musulmans se détériore jour après jour, surtout à l’approche de l’élection présidentielle, prévue en juillet 2022.