Plus de 2.000 personnes avaient péri dans les émeutes intercommunautaires qui s’en étaient suivies, l’une des pires vagues de violences de l’histoire de l’Inde indépendante.

Après une décision de la Cour suprême en novembre dernier, le Premier ministre Narendra Modi a lancé début août le chantier d’un temple dédié au dieu Ram sur ce site emblématique du nationalisme hindou.

Nombre d’hindous estiment que la mosquée, située dans l’Etat d’Uttar Pradesh, avait été construite sur le lieu de naissance du dieu Ram.

L’acquittement concerne au total 32 responsables du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti de M. Modi, dont des dirigeants de l’époque comme l’ancien vice-Premier ministre Lal Krishna Advani et l’ex-président du parti Murli Manohar Joshi. Ils étaient accusés de conspiration criminelle et d’avoir incité la foule à détruire la mosquée.

Dix-sept autres accusés sont décédés au long du procès qui a duré près d’une trentaine d’années.

Selon le tribunal spécial siégeant à Lucknow, capitale de l’Uttar Pradesh, l’accusation n’a pas réussi à prouver leur culpabilité.

« Des éléments antisociaux ont mis à terre la structure. Les dirigeants accusés ont tenté de les en empêcher », a déclaré le juge en annonçant le verdict. « L’enregistrement audio des discours n’était en outre pas clair. Tous les accusés sont acquittés ».

La destruction le 6 décembre 1992 de la Babri Masjid datant du XVIe siècle intervenait après une campagne d’agitation menée par le BJP, à l’époque parti d’opposition, destinée à faire émerger un hindouisme politique.

Ce dossier explosif, qui a empoisonné des décennies durant les relations entre hindous et musulmans dans le pays, a été tranché en novembre dernier par la Cour suprême. Elle a octroyé le site disputé à la majorité hindoue pour y construire un temple et ordonné qu’un nouveau terrain plus loin soit donné à la minorité musulmane.

D’après des groupes hindous, l’empereur musulman Babur a bâti au XVIe siècle la mosquée en rasant un temple ancien dédié à Ram, septième avatar du dieu préservateur de l’univers Vishnou.

M. Advani, aujourd’hui âgé de 92 ans, a salué le jugement qu’il a regardé via un lien vidéo avec le slogan religieux « Jai Shri Ram » (« Loué soit le dieu Ram »). Il avait lancé un mouvement national pour demander la construction d’un temple pour Ram en 1990.

Les partis d’opposition et les groupes musulmans ont critiqué cet acquittement général.

Pour le parti du Congrès, principal parti d’opposition, le BJP a planifié « la destruction de la concorde entre communautés ».

Le All India Muslim Personal Law Board, qui réunit des groupes politiques et sociaux musulmans, a pour sa part annoncé qu’il ferait appel de l’acquittement, estimant que celui-ci « était loin de rendre justice ».