Au cours d’un conclave, des chefs religieux, en présence de dirigeants du BJP, parti nationaliste hindou au pouvoir, ont appelé à des meurtres de masse des minorités musulmanes. Cet appel au génocide des musulmans a suscité l’indignation et la colère sur les réseaux sociaux, et au Pakistan voisin notamment.

L’assemblée religieuse de trois jours, tenue du 17 au 19 décembre, par des extrémistes hindous de droite, liés au gouvernement au pouvoir, a vu une série de discours haineux, ciblant les musulmans. Les appels à la violence, au nettoyage ethnique et à l’assassinat se sont multipliés, pour s’assurer qu’un « musulman ne devienne pas Premier ministre en 2029 ».

« Le boycott économique ne fonctionnera pas. Les groupes hindous doivent se mettre à jour. Les épées ont l’air bien sur scène, seulement cette bataille contre les musulmans sera gagnée par ceux qui ont de meilleures armes » a fièrement déclaré un chef religieux, applaudi par la foule au cours de ce rassemblement. Les atrocités commises au Myanmar, contre les Rohingyas ont été citées en exemple, pour justifier la mise en place d’une politique de nettoyage ethnique.

La participation d’au moins un membre du parti BJP, celui du Premier ministre indien à cette réunion a suscité la colère. En effet, le parti est accusé d’encourager la persécution des musulmans et des autres minorités par des nationalistes hindous durs, depuis son arrivée au pouvoir en 2014.

Pour dénoncer cette incitation claire à la haine et au génocide, 76 avocats exerçants à la Cour suprême ont écrit au juge en chef de l’Inde. Les avocats demandent dans une lettre à ce juge de prendre connaissance des incidents enregistrés, en violation avec le Code pénal indien. Ils appellent à la prise de mesures efficaces, pour endiguer ces discours de haine et éviter la violence.

Le Pakistan s’est joint à la dénonciation de cet événement. Le pays voisin a déploré les appels des dirigeants hindouistes au génocide musulman et l’inaction de New Delhi sur la question. Pour exprimer ses graves préoccupations, le Pakistan a convoqué le Chargé d’affaires indien au ministère des Affaires étrangères d’Islamabad. Dans un communiqué, ce dernier a souligné que les graves violations des droits humains des minorités, en particulier les musulmans sont courants. Il a ainsi appelé la communauté internationale, notamment l’Organisation des Nations-Unies, l’Organisation de la coopération islamique et les organisations de défense des droits de l’Homme concernées à tenir l’Inde responsable de ces violations flagrantes.

Dans les pays où les musulmans représentent une minorité, une tendance à l’islamophobie et la recrudescence des appels à la violence ont été enregistrées. Plusieurs législations antimusulmanes s’installent, pour éradiquer cette minorité de tous les espaces de décisions. L’universalisation de la haine des musulmans est devenue courante, surtout dans les pays réputés pour leur exercice de la démocratie.