« C’est la France qui recrute par rapport à ses besoins. C’est une approche nouvelle, un peu une approche qu’a le Canada et l’Australie, c’est assez proche », a-t-elle assuré sur les médias BFMTV/RMC.

« L’idée, c’est d’avoir des objectifs chiffrés, ou des quotas, c’est une question de sémantique », a-t-elle dit, à la veille d’annonces officielles sur l’immigration par le Premier ministre français Édouard Philippe.

Lundi soir, le chef du gouvernement français avait présenté à plusieurs ministres et à des parlementaires de la majorité des mesures sur l’immigration, dont l’actualisation des filières en tension, datant de 2011.

La liste sera fixée « l’été prochain, on a pour trois ou quatre mois de méthodologie », a souligné Mme Pénicaud. Et les quotas aussi seront mis en place « l’été prochain ».

« On va revoir cette liste chaque année (…) On commence dans quelques semaines avec les partenaires sociaux et les régions (…) On vérifie que tous les efforts de formation ont été faits pour permettre à nos demandeurs d’emploi de prendre ces emplois et ensuite les réfugiés (…), on fixera le nombre de personnes par métiers et par territoire », a-t-elle développé.

Cette immigration est « assez modeste en chiffres », a reconnu la ministre française, soulignant qu’il s’agissait de 33.000 personnes par an.

Quelque 255.956 titres de séjours, tous motifs confondus, ont été octroyés en 2018, selon les chiffres officiels provisoires.

L’immigré « professionnel » aura « un visa de travail pour une durée déterminée et un travail déterminé ».

La droite française a salué l’annonce de ces futurs quotas, même si elle les juge insuffisants, tandis qu’à gauche des voix se sont élevées contre une « instrumentalisation » du thème de l’immigration pour détourner les Français des préoccupations sociales.

Les écologistes d’Europe Ecologie Les Verts se montrent, eux, prudents sur les quotas: s’ils permettent de « sortir du fantasme que nous sommes envahis » et de « montrer que l’immigration est aussi une chance pour notre pays », alors « ça peut être intéressant, il faut en discuter », a réagi leur chef de file Yannick Jadot sur franceinfo.

De son côté, le secrétaire général du syndicat modéré de la CFDT, Laurent Berger, s’est dit « choqué » mardi sur la radio France Inter par la volonté du gouvernement d’instaurer ces « quotas », mais aussi un délai de carence pour accéder à la protection universelle maladie (PUMa).

« Les migrants économiques, c’est 30.000 personnes en France par an (…) Je ne crois pas qu’il y a besoin d’agiter des chiffons rouges sur ce sujet », a tempéré le numéro un du premier syndicat français.

Quant au délai de carence, il l’a aussi jugé « choquant ». « On aura bonne mine quand on aura mis un délai de carence, qu’une personne sera porteuse de maladie et qu’elle aura développé cette maladie pendant trois mois un peu plus et transmis cette maladie ».

« Ca va avoir des conséquences désastreuses pour les personnes concernées, pour les travailleurs sociaux, pour les bénévoles dans les associations, les personnes dans les centres de santé, etc », a-t-il relevé.

« On aurait pu en discuter avec les associations concernées (…) On a l’impression que tous ceux qui consacrent leur temps avec des migrants, c’est quantité négligeable, ça compte pas. Heureusement qu’ils sont là! », s’est-il agacé.