L’information a été confirmée par un communiqué conjoint du ministère des Affaires stratégiques et de l’Autorité de la population et de l’immigration israéliens : après consultation du ministère des Affaires étrangères, Hugh Lanning, président de Palestine Solidarity Campaign (PSC) a été refoulé à son arrivée, hier, à la frontière israélienne. Selon ces organismes, l’interdiction a été motivée par les « pressions » qu’exercent PSC et son président pour délégitimer Israël au Royaume-Uni. En outre, les autorités israéliennes avaient pointé plusieurs membres de PSC pour avoir pris part à la Flotille de la Liberté, dont la prise d’assaut par les forces israéliennes avait causé la mort de dix activistes. Dans son entreprise de justification, Israël n’omet par ailleurs pas de rappeler que l’activiste pro-palestinien entretient des contacts avec la direction du Hamas à Gaza, affirmant qu’en 2012, Hugh Lanning et Ismaïl Haniya s’étaient alors rencontrés. « Ceux qui agissent contre Israël doivent comprendre que la réalité est en train de changer », avance Gilad Erdan, ministre israélien des Affaires stratégiques. « Aucun pays ne permettrait l’entrée d’activistes qui appellent à son boycott et qui oeuvrent à son isolement », poursuit-il.

« Un nouveau front de guerre contre Israël »

L’interdiction d’entrée imposée à Lanning est survenue quelques jours à peine après l’adoption par le la Knesset d’une loi prohibant l’entrée de ressortissants étrangers militants ou sympathisants de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Sur le site du Parlement, il est notamment précisé que cette mesure serait appliquée à tout non-résident en Israël « qui émet – ou dont l’organisation pour laquelle il travaille émet -, en toute connaissance de cause, un appel public en faveur du boycott d’Israël ou qui s’engage à y participer ». Le site de la Knesset insiste que le fait, « ces dernières années, les appels en faveur du boycott ont augmenté », ce que les députés israéliens considèrent comme « un nouveau front dans la guerre contre le pays », un « front » contre lequel il est « insuffisamment préparé ». Ou l’ultime démonstration de l’art de la victimisation portée à son paroxysme.