Le gouvernement des Emirats a déchu de leur nationalité 19 membres de la famille de deux opposants. Au moins 30 parents de six autres ont été empêchés de quitter le pays, a indiqué HRW dans un rapport.

Entre 2013 et 2019, les proches de ces huit opposants ont souffert de restrictions à l’emploi, à l’enseignement supérieur, et n’ont pas pu renouveler leurs documents d’identité, a ajouté HRW.

L’organisation n’a pas identifié les huit opposants en question. Les autorités émiraties n’étaient pas immédiatement disponibles pour répondre aux questions de l’AFP.

« Les autorités émiraties, dans leur détermination à écraser toute opposition, ont permis à leur appareil sécuritaire d’utiliser leur pouvoir quasi-incontrôlé pour sanctionner les familles de militants, détenus ou vivant à l’étranger », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de l’ONG Human Rights Watch pour l’Afrique du nord et le Moyen-Orient.

« Les autorités devraient cesser ces attaques, qui équivalent à une punition collective », a-t-il ajouté.

Selon HRW, Abou Dhabi a entamé depuis 2011 une « campagne soutenue contre la liberté d’expression et la liberté d’association ».

« Les abus les plus choquants sont la détention arbitraire, les disparitions forcées et la torture », d’après la même source.

Le détenu le plus connu, le militant des droits humains émirati Ahmed Mansoor, a été condamné à dix ans de prison en 2018 pour avoir selon les autorités critiqué le pouvoir émirati et terni l’image de son pays sur les réseaux sociaux.

M. Mansoor est le lauréat 2015 du prix Martin Ennals, du nom d’un ancien secrétaire général d’Amnesty.

Riche en pétrole, le pays du Golfe cultive une image d’ouverture, s’enorgueillissant d’avoir un ministère de la Tolérance.

Abou Dhabi a déclaré 2019 « Année de la Tolérance ».