La nuit dernière aura été bien noire à Manchester. Revendiqué par le groupe terroriste Etat islamique, un attentat-suicide a semé l’effroi dans la salle de spectacles Manchester Arena, où se produisait la coqueluche des jeunes ados Ariana Grande. Un drame qui a causé, selon un dernier bilan, 22 morts et une soixantaine de blessés, alors que la police britannique vient d’annoncer, sans donner plus de détails, l’arrestation d’un suspect de 23 ans. Sans surprise, à peine revendiqué, ce nouvel épisode du terrorisme djihadiste s’est traduit, au Royaume-Uni et au-delà, à la faveur des réseaux sociaux, par des commentaires calomnieux à l’encontre de la communauté musulmane, accusée de tous les torts.

Mais dans le même temps, le quotidien The Independent a évoqué d’autres voix qui ont tenu à rendre hommage et à remercier les auteurs anonymes de gestes spontanés d’aide et d’assistance, émanant de la communauté. A commencer par les incontournables chauffeurs de taxi – une profession connue pour être exercée par des musulmans outre-Manche – qui n’ont pas ménagé leurs efforts quelques instants seulement après l’explosion, en effectuant d’innombrables allers-retours pour amener en lieu sûr de jeunes spectateurs traumatisés. « C’est un chauffeur de taxi musulman qui m’a sorti de cet enfer et mise en sécurité. Les gens doivent faire attention à ce qu’ils racontent. », a ainsi reconnu Laura, une internaute présente au concert d’Ariana Grande hier soir.

« Absolument », fait écho Mark, un autre twitto. « Un taxiste musulman m’a ramené à la maison, m’a donné de l’eau et chargé mon téléphone. C’est absolument une star à mes yeux. »

 

Des commentaires reconnaissants comme ceux-ci se sont démultipliés sur la Toile, rapportant par exemple q’un chauffeur de taxi,  » qui a dit qu’il était musulman », était « absolument anéanti ce matin ». « Dieu laisse l’homme libre de faire le mal pour qu’il ait le mérite de faire le bien », rappelait Louis de Bonald, philosophe et homme politique du 18ème siècle. Comme la dernière planche de salut sur laquelle s’accroche l’humanité…