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Hezbollah : l’Arabie Saoudite mobilise certains pays à coup de dollars

Le Conseil de coopération du Golfe vient d’annoncer que le Hezbollah était désormais qualifié comme « organisation terroriste. »

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De nos jours, le terrorisme est une accusation fourre-tout qui permet de criminaliser des groupes qui luttent contre une occupation étrangère ou contre un agresseur. Cette accusation est généralement brandie contre des organisations au Proche-Orient, notamment le Hezbollah de Nasrallah, son charismatique dirigeant.

Il faut se rappeler que les Etats-Unis et la Grande Bretagne qualifiaient le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela d’organisation terroriste et que la France coloniale quant à elle y classait les résistants algériens du FLN. Il est inutile de rappeler que Nelson Mandela comme Yasser Arafat étaient des « terroristes » qui ont fini ....prix Nobel de la Paix. Pour bien comprendre, la politique du Hezbollah a pour axe deux luttes majeures : la lutte anti-impérialiste et un soutien inconditionnel à la Palestine .

Le nouvel axe du Mal

Quand on parle du Hezbollah on sous entend automatiquement l'Iran, car il est devenu difficile de s'attaquer à ce dernier. Difficile, car l'Iran est fraîchement sorti de « l'axe du Mal » sans explication et surtout sans honte de la part des occidentaux et de leur « grand écart géopolitique. » Néanmoins la stratégie et la propagande actuelle menées par l'Arabie Saoudite tendent à vouloir transformer son opposition géopolitique a l'Iran en une guerre sunnite-chiites et à susciter accessoirement un clivage entre Perses et Arabes.

Pour cela, l'Arabie Saoudite tente de disqualifier Téhéran en reprenant cette grossière stratégie occidentale de condamnation pour « terrorisme » alors que les Occidentaux sont en train de commercer allègrement avec Téhéran et de dérouler le tapis rouge au président Rohani dans toutes les capitales occidentales.

L'Arabie Saoudite dans l'impasse

L'Arabie Saoudite se raccroche à ce qu'elle peut et faute d'argument pour convaincre , elle sortira le chéquier pour s'acheter la voix de la Tunisie ou autre pays où le vide politique ne peut se remplir qu'à coup de pétrodollars. Mais les saoudiens ont ils réellement le choix ? Que leurs reste -t-il pour tenter de maintenir cette monarchie dictatoriale d'un autre temps ? Elle tente de se faire des alliés — toujours à coups de pétrodollars — comme la France en achetant l'« inachetable Rafale » ou le Mistral qu'elle offrira au dictateur égyptien en contrepartie de son ralliement politique .

Car depuis le 11 septembre 2001, où plus de quinze Saoudiens ont participé aux attentats des Twin Towers, et depuis qu'ils sont soupçonnés d'être devenus le foyer principal de l'exportation du terrorisme en Syrie et à travers le monde, les Saoudiens sont au pied du mur. Qui peut-on convaincre en accusant son rival géopolitique de tous les maux quand, dans son propre royaume, il n'y a ni droit de vote, ni aucun autre droit, si ce n'est celui de se taire sous peine de dépeçage ou autre crucifixion ?

Le Hezbollah, organisation « terroriste » pour les ministres arabes de l’Intérieur réunis à Tunis


A l’occasion du 33e Conseil des ministres de l’Intérieur arabes, la classification du Hezbollah parmi les organisations terroristes a été votée par les différents participants, à l’exception du Liban, de l’Irak et de l’Algérie. Le Maroc et la Tunisie — qui a, depuis, tenté de se rétracter par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères — ont apporté leur voix au vote proposé par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Abdellatif Zayani, secrétaire général du Conseil, a indiqué : « Les Etats du CCG ont décidé de classer la milice Hezbollah comme organisation terroriste, y compris ses factions, dirigeants et associations. » Pour celui-ci, « les exactions du Hezbollah dans les pays du CCG et ses actes terroristes et d'incitation en Syrie, au Yemen et en Irak sont une menace pour la sécurité nationale arabe. »

Le Hezbollah est aujourd’hui placé sur la liste officielle des organisations terroristes de l'Arabie saoudite, de Bahreïn, du Qatar, des Emirats Arabes Unis, d'Oman et du Koweït, mais également du Canada, des Etats-Unis ou encore de l'Australie — pour sa branche extérieure —. Du côté de l’Algérie, qui a voté contre hier, le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, a déclaré que « l’Algérie considère le Hezbollah comme un mouvement politico-militaire actif au Liban » et qu’il s’agit d’« un acteur important dans ce pays. »

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